Depuis plusieurs années, l’entrepreneuriat est devenu une bouffée d’oxygène pour des jeunes en Haïti. Nombreuses sont les conférences qui sont réalisées sur ce thème. Certaines sont plus motivantes que d’autres. Mais toutes ont pour objectif d’encourager les jeunes à intégrer le monde entrepreneurial. Depuis, on constate une augmentation du nombre de Startup et de Petites et Moyennes Entreprises(PME) en Haïti. La question est de savoir comment se fait-il qu’en pleine crise économique, politique et sociale, des jeunes se mobilisent avec autant d’énergie pour créer des entreprises. Qu’est ce qui explique cet engouement ?
La réalité qui s’installe dans le milieu haïtien, c’est que chaque jeune se croit être un potentiel entrepreneur. Il croit pouvoir changer sa vie et apporter un coup de pouce à l’économie du pays. L’idée reçue est que les entrepreneurs sont tous la base de l’accroissement de la prospérité. Pour certains, oui mais pour d’autres, c’est une illusion de croire en cela. Ils ne sont pas tous des entrepreneurs qui créent de richesse dans l’économie. Certains ne font que d’acheter et de revendre. Il y en a qui font de l’entrepreneuriat juste pour survivre. De telles activités sont souvent non productives. Elles s’apparentent à de mouvement de multiplication de rente. Cette forme n’aura pas de grande influence sur l’économie haïtienne. Face à ce groupe d’entrepreneurs que l’on considère comme des rentiers, il existe un autre groupe qui est constitué d’entrepreneurs d’opportunités qui veulent entreprendre dans des conditions optimales. En dépit du fait que l’économie haïtienne est au cœur d’une série de crise qui la rend extrêmement faible au niveau de sa croissance. Il reste une nécessité pour les acteurs concernés de repenser l’écosystème entrepreneurial haïtien afin de favoriser la croissance économique.
Pour le PDG de La place, Nickolson Lamour, le chômage grandissant et l’insécurité financière en Haïti seraient à la base de l’engouement des jeunes à créer des Startup malgré la complication de la crise multidimensionnelle haïtienne. Cela veut dire que l’entrepreneuriat est utilisé chez les jeunes pour créer de l’auto-emploi quand l’économie est en manque. Plus loin, M. Lamour estime que ce n’est pas une bonne attitude de s’adonner à des activités de business sans avoir les basiques, autrement dit, les prérequis. Il encourage les jeunes à se former davantage pour avoir une bonne capacité dans la gestion et l’administration (management) avant de se lancer dans les affaires. De son côté, la présidente du Cercle des Étudiants Entrepreneurs d’Haïti(CEEH), Djenane Madona BAPTISTE, l’entrepreneuriat gagne du terrain ces derniers jours et les jeunes évoluent dans un contexte où le discours dominant est la réussite des entrepreneurs. Pour elle, c’est l’un parmi les facteurs qui enfluencent dans leurs décisions d’entreprendre. <> Selon elle, la montée des nouvelles technologies facilite en grande partie la création des Startup car la crise actuelle n’a pas le même impact sur les activités en lignes que sur les entreprises physiques.
L’environnement économique haïtien offre tout sauf un terrain fertile pour le développement de l’entrepreneuriat. Une main d’œuvre qualifiée très rare ; pas d’accès au crédit pour les jeunes ; très peu de capacité pour absorber les avancés des nouvelles technologies sont entre autres des barricades dressées sur la route des Startup et des PME. Cette situation ne fait qu’augmenter le nombre d’entrepreneurs par nécessité pendant qu’elle diminue ceux d’opportunités. Du coup, cette tendance doit être inversée. Pour cela, les principaux acteurs (Etat et secteur privé) doivent s’impliqués dans l’entrepreneuriat. Il faut aménager un environnement global pour entreprendre. Accès aux financements ; application de politique publique axée sur l’entrepreneuriat ; mise en place d’infrastructure légale et commerciale sont des signaux claires que l’Etat doivent envoyer aux jeunes pour développer l’entrepreneuriat Jeunesse en Haïti.
La plupart des pourvoyeurs d’emploi sont en quête de profils expérimentés. Les plaintes sont nombreuses en ce qui concerne l’insertion des jeunes sur le marché du travail. En effet, dans la presse écrite, sur les différentes plateformes de réseaux sociaux, les appels à recrutement exigent quelques années d’expérience, c’est une condition essentielle d’accès à l’emploi. Deux, trois, cinq, dix ans…. d’expérience, les employeurs font leurs exigences. A peine bouclé les études universitaires/professionnelles mais, où trouver ces années d’expériences requises ? Faute d’expériences professionnelles, beaucoup de jeunes diplômés/licenciés restent sans emploi. Ce qui, évidemment contribue à l’augmentation du taux de chômage ou encore ces sans emploi se retrouvent à exercer d’autres métiers par obligation. Les entreprises sont souvent pointées du doigt comme seuls responsables. Est-ce vraiment les seuls coupables ? Est-ce qu’elles agissent pour leur propre compte ? Est-ce qu’elles n’ont pas de complices ?
Pour l’obtention d’un poste de travail certainement il faut avoir la compétence requise. Mais d’habitude quand les clients.es cherchent des services auprès des institutions, ils/elles réclament toujours que ce sont des personnes expérimentées qui leurs servent. Pour corroborer cette thèse, on a interviewé dix(10) professionnels à ce sujet. Huit(8) sur dix(10) ont déclaré qu’ils se fient plutôt aux employés.es expérimentés.es, car ils/elles sont habitués.es à leur tâche. Après tout l’habitude, dit-on, n’est-elle pas une seconde nature ? En guise d’exemple, sous le couvert de l »anonymat, une personne nous a confié que quand il va chez le coiffeur et il ne trouve pas celui qui a l’habitude de le servir, il préfère attendre ou s’en aller pour revenir. Certes, ce sont les entreprises qui, à première vue, exigent des chercheurs.es d’emploi une expérience professionnelle mais après analyse nous constatons qu’elles ne font que répondre aux demandes de leurs clients.es. L’entreprise existe pour déservir sa clientèle et donc son devoir est de le satisfaire.
Comme l’a dit ce grand penseur humaniste, Nicolas Machiavel, l’une des premières choses de l’homme, c’est sa fureur pour la nouveauté. Chers.es clients.es, apprennent donc à faire confiance aux nouvelles compétences. Ne deviennent pas complice de ce fléau qui s’abat sur la nouvelle génération. Cessent d’avoir une attitude répulsive envers les nouvelles têtes des entreprises. Ne permettent pas à ce que les préjugés emportent sur les compétences de ces dernières. Oui, l’employé.e doit être apte à occuper le poste mais ça, on ne le saura jamais si on ne lui donne pas sa chance. Il faut mettre un terme à ce jugement envers les nouveaux recrus/nouvelles recrues pour leur manque d’expérience. Jeunes, implique toi dans des activités de bénévoles/volontariat afin d’acquérir de l’expérience dans votre domaine de profession. Chères institutions, que les plus expérimentés.es accompagne les personnes qui sont nouvelles sur le marché du travail, qu’ils/qu’elles soient des mentors pour elles afin qu’elles le deviennent à leur tour pour d’autres. Soit plus ouverte aux stagiaires. Pertinemment nous savons tous.tes que pour certains postes il y a des pré-requis mais on sait depuis fort longtemps qu’on ne naît pas forgeron, c’est en forgeant qu’on le devient.
Le cercle des étudiants entrepreneurs d’Haïti souffle sa quatrième bougie le 25 Août 2020. L’exploit est là sous nos yeux, total et sans appel. Les fondements sont posés, les stratégies de consolidation battent leur plein, les membres s’activent comme jamais. Au milieu de ces temps de troubles qui bouleversent notre pays et le monde en général, le cercle tient ferme. La satisfaction est d’autant plus méritée quand nous savons que ces quatre dernières années ne furent pas des plus aisées. Le chaos social, politique et environnemental a cassé assez souvent la volonté et l’élan de plus d’un. Le cercle est parvenu malgré tout à se maintenir avec un esprit d’équipe fort, un optimisme sans faille et un caractère exceptionnel de ses membres.
La célébration de cette année consacre, encore une fois, la volonté des membres du cercle de poursuivre énergiquement leur but qui est, d’une part, de combler le déficit d’espace d’orientation et d’intégration de la jeunesse haïtienne et d’autre part, de se tailler courageusement une place dans l’écosystème entrepreneurial haïtien. Cet article vise à dégager une brève compréhension des avancées du cercle à l’occasion de ce quatrième anniversaire et à esquisser un tableau d’ensemble renfermant des facteurs internes et externes qui contribuent à ces avancées.
Après une brève enquête menée au sein du cercle, nous avons constaté que bon nombre de start-up lancées par les membres n’ont pas survécu plus de trois mois. Cependant, il faut noter qu’il y a environ une vingtaine d’entre elles qui parviennent à se maintenir à flots avec une très grande concentration dans le service. Près de 85% des start-up sont des entreprises de service contre 35% qui évolue dans la production. Les services multimédias comptent parmi les plus dominants. Environ 50% d’entre elles fonctionnent dans un secteur à forte concurrence. Tandis que quasiment toutes les start-up acquiescent sur le rôle central de l’innovation dans le développement des entreprises. 65% d’entre elles déclarent cependant qu’elles innovent très peu et que cela provient notamment du fait du manque d’accès au crédit et de l’instabilité sociopolitique. La majorité des initiatives ont été déjà bloquées par la situation sociopolitique du pays. Trois entreprises sur quatre ont déjà arrêté totalement leurs activités dus aux événements de troubles politiques. Les rapports de CEEH avec les différentes start-up affiliées sont d’ordre divers. En termes de priorité croissante, en général, elles se servent des plateformes du cercle pour la promotion de leurs activités, arrive ensuite le networking, l’interconnexion professionnelle et la formation sur l’entrepreneuriat et certains outils numériques.
Cette brève présentation nous permet d’effleurer la réalité dynamique globalement positive à l’intérieur du cercle, cependant c’est à travers l’analyse détaillée des éléments positifs (forces et opportunités) et négatifs (faiblesses et menaces) du cercle que nous vous invitons à apprécier le chemin parcouru depuis ses quatre ans.
Les éléments qui font la force du CEEH
Nombreux sont les facteurs positifs qui marquent la dynamique interne du Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti (CEEH). Trois d’entre eux se révélent extrêmement important pour le futur du cercle et retiennent particulièrement notre attention. Succinctement nous vous les présentons.
La motivation est une ressource précieuse nécessaire au bon fonctionnement de toute organisation, CEEH semble en être gâté sur ce point. Malgré les signaux négatifs et l’ambiance morose qui génèrent des inquiétudes légitimes sur l’avenir dans le pays, CEEH peut compter sur des membres motivés qui croient fortement en la capacité de création et d’innovation des jeunes, d’apporter des transformations positives à leurs vies et à leurs environnements respectifs.
Le réalisme est une autre caractéristique positive qui prédomine au sein du cercle. Les opportunités ne se présentent pas de manière permanente. L’entrée dans les différentes branches d’activités économiques est généralement étroite. La concurrence est rude et les financements se font rares. Cela n’empêche pas cependant que de brillantes initiatives ont été prises à la limite des possibilités des membres. Des exploits tels que Dynasty Hub, K-soomy Création, le réseau social Funtchat, pour ne citer que celles-là, démontrent les aptitudes des membres à concrétiser la vision du cercle.
La volonté d’extension à l’échelle du territoire national est un autre point fort de l’équipe. Le cercle n’entend pas à se limiter uniquement à Port-au-Prince. Car, l’idée de l’organiser au niveau national en intégrant des jeunes de tous les horizons du pays est une nécessité. Un tel niveau de représentativité au sein des communautés urbaines et rurales favorise l’élargissement des possibilités d’affaires et la capacité à atteindre les différents segments du marché haïtien. Les membres du cercle sont aussi de profils divers, ils viennent de tous les secteurs d’activités socioprofessionnelles et constituent une excellente base de ressources humaines.
Les points révélant les faiblesses
Le cercle n’est pas étranger aux faiblesses qui caractérisent souvent tout regroupement où les membres sont de profils divers, variés et disposant de peu de temps commun pour s’enrichir au contact de l’autre. Les attentes individuelles, les buts personnels prennent parfois un peu de temps avant de se transformer en de véritables visions et missions collectives.
Les opportunitésen devenant membre du CEEH
L’entrepreneuriat en Haïti, vue de manière formelle, est encore à ses débuts dus aux retards structurels accumulés depuis environ une soixantaine d’années et l’appropriation anarchique des acquis de la révolution cybernétique. La jeunesse haïtienne se trouve confronter, malgré elle, à de graves déséquilibres. Les membres du cercle ne se croisent pas les bras en attendant que d’autres viennent arranger la situation, ils se proposent plutôt comme pionniers, initiateurs expérimentant dans de multiples domaines des start-up, des projets, des activités de formation dans le but de réduire cet écart. L’exploitation des avancées technologiques en phase avec le développement culturel et historique est une entreprise très prometteuse qui reste cependant bloquée à cause des mauvaises situations sociopolitiques. Néanmoins ces crises ne peuvent pas durer indéfiniment, il faudra, au moins sur le moyen terme, rétablir la stabilité institutionnelle et l’ordre public et s’attaquer aux véritables problèmes qui se résument à la base à une économie chétive, improductive, non-aérée et réticente au changement. CEEH compte contribuer au rattrapage de ce retard de développement en adoptant une attitude intelligente et positive aux transformations technologiques, en promouvant une utilisation massive des outils numériques dans toutes ses activités et en partageant toutes formes de savoir utile à la compréhension de l’évolution de l’entrepreneuriat et des affaires économiques en général, pour reprendre la présidente du Cercle Mlle Jennane Madona Baptiste
Les menaces confrontés par le cercle
Les menaces représentent l’ensemble des éléments extérieurs au cercle mais qui influent négativement sur son fonctionnement. La situation sociopolitique et économique d’Haïti représente en ce sens une menace majeure. Les crises, les périodes d’instabilité générale, les incertitudes alimentent une ambiance délétère. La dégradation continue de la conjoncture rétrécit les possibilités, elle annule des projets, bouleverse des plans, brouille les rêves et renvoie à demain des initiatives les plus simples. Au niveau structurel, les compétences des jeunes sont généralement sous-valorisées, les institutions accordent peu d’importance à l’intégration des jeunes dans le processus de développement économique. Le manque criant de certains éléments de base (électricité, pétrole, crédit, accompagnement) ralentit la marche des activités et rend difficile la mobilisation et la motivation des membres. Si ces menaces pèsent énormément sur la qualité du fonctionnement du cercle elles n’enlevent pas pour autant la détermination de ses membres. En étant optimiste par rapport au devenir de la société, le cercle pourra progresser plus rapidement avec la disparition de ces menaces au fur et à mesure.
Les perspectives du CEEH
Les perspectives pour les prochaines années sont à la hauteur des ambitions des membres du cercle qui est d’ériger CEEH comme l’une des principales plateformes de l’entrepreneuriat en Haïti. Les stratégies sont donc tournées vers l’élargissement du cercle avec l’intégration effective des nouveaux membres et l’ouverture du cercle aux couches jeunes de la diaspora haïtienne désireuses de prendre part aux activités économiques, sociales et éducatives bénéfiques pour notre société. La création du site de CEEH rentre aussi dans cette perspective d’ouverture et de création de liens entre les haïtiens d’ici et d’ailleurs. Le développement d’un pôle financier à l’intérieur du cercle représente un autre aspect important pour les prochaines années. En ce sens, la récente création d’une caisse populaire, « Kès Popilè Lavi (KPL) », se donne pour objectif de soutenir financièrement les initiatives des jeunes du cercle. Cela permettra, entre autres, de renforcer la pertinence et l’utilité des séances de formation en affaires en offrant la possibilité aux participants d’obtenir du crédit nécessaire à la concrétisation de leurs activités entrepreneuriales. En dernier lieu, le cercle compte planifier l’organisation d’un colloque annuel sur l’entrepreneuriat, le développement, la science et les potentialités de la jeunesse haïtienne avec une série de présentations qui seront par la suite disponible sur les réseaux sociaux à des fins éducatives.
Selon la présidente du CEEH, <<Cette quatrième année est pour nous un indicateur qui montre la capacité de notre jeunesse à travailler en équipe malgré tous les obstacles et toutes les difficultés auxquels elle est confrontée.>>>
En soufflant sur cette quatrième bougie, il ne fait aucun doute que les membres du Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti réitèrent leur volonté de participer au développement socio-économique d’Haïti.
Cette décennie qui vient tout juste de débuter marque un point de départ pour les femmes dans le domaine de l’entreprenariat. Beaucoup sont les femmes qui ont des témoignages relatifs à leurs exploits dans ce secteur. Elles ont dû traverser de grandes barrières et briser divers stéréotypes de genre. Unanimement, elles ont reconnu que le succès vient nécessairement du fait d’essayer, de persévérer, d’innover, etc. En Haïti les jeunes se rendent de plus en plus à l’évidence que l’accès au marché du travail n’est pas facile, la concurrence est rude, de ce fait il faut entreprendre. Face à ce constat, la jeune Sammya Askara Daphka Bernadin se lance dans l’aventure de l’esprit créatif. Alors, qui est-elle ?
Sammya Askara Daphka Bernadin, née en 1994, est originaire de Petit-Goâve. Elle a fait ses études primaires à l’école Notre-Dame de la Sagesse de Petit-Goâve et secondaires au Collège Cœur Immaculé de Marie. Après les études classiques, elle a étudié, dans un premier temps, les Sciences Juridiques à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques ; dans un second temps, les Sciences de l’Education à l’Institut Universitaire des Sciences de l’Education (IUSE-CREFI). À entendre Sammya, on dirait qu’elle n’a pas beaucoup d’années d’expérience. Cependant, elle occupe le poste de Bibliothécaire au Collège Cœur Immaculé de Marie. Grâce à ses capacités, elle arrive à intégrer l’administration de son ancien établissement Scolaire, Cœur Immaculé de Marie. Parallèlement et de concert avec d’autres personnes, elle a créé MIAZ Fresko, une entreprise qui offre ses services dans la production et la vente de fresko en Haïti. Avec cette entreprise, elle compte donner une autre allure au Fresko dans le pays. Elle cherche toujours à participer dans des activités socio-culturelles afin de présenter au public le produit. La flamme de collaboration et de participation au projet collectif est allumée chez l’ancienne élève du CIM. Elle est membre de plusieurs initiatives de jeunes notamment le Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti depuis février 2018, secrétaire financière de l’association Initiative Soulouquoise et Amis pour le Développement d’Haïti (ISAD’HA) et secrétaire adjointe d’Initiative Citoyenne pour la Prévention et l’Accompagnement des Personnes Atteintes de la Covid-19 (ICPAPAC).
Sammya prévient les jeunes haïtiens sur les difficultés qu’ils auront à confronter dans la marche vers le succès entrepreneurial. « Si un jeune veut s’investir dans les affaires en Haïti, il faut qu’il soit fort, qu’il croit en ce qu’il entreprend. Il doit s’attendre à des échecs, mais il doit s’en servir pour progresser. La vie en Haïti n’est pas facile », a-t-elle martelé. La co-fondatrice de MIAZ Fresko ne croit pas au destin ni à la chance, tout ce qui nous arrive est le fruit de notre travail, a-t-elle précisé. Toutefois elle n’écarte pas des situations de troubles politiques qui peuvent impacter le fonctionnement d’une entreprise. C’est la situation de MIAZ Fresko au cours des différentes manifestations, des moments baptisés « peyi lòk » et de l’apparition de la Covid-19 en Haïti. En attendant une amélioration dans l’environnement économique haïtien, Sammya se donne pour objectif de travailler afin de doter sa communauté d’une école de qualité ou chaque apprenant pourra évoluer en fonction de sa capacité sans discrimination. Ainsi, elle croit pouvoir apporter sa contribution dans la lutte pour le changement du système éducatif haïtien.
Discret, réservé et discipliné, Jean Nickolson LAMOUR, natif de la commune de Delmas est un passionné de dessin et de lecture. Ce jeune à multiple talents œuvre dans la photographie évènementielle, les services multimédias et l’imagerie numérique. Ainsi, il a fondé « La Place S. A. », une entreprise qui entend marquer son empreinte dans la fascinante sphère de l’économie numérique.
Tournée essentiellement vers la satisfaction de la clientèle, l’équipe de cette start-up avec pour devise : « create your digital brand » se veut être un acteur incontournable dans les activités du monde digital en Haïti. Au départ Nickolson voulait faire de La Place une référence dans le commerce électronique, cependant le retard accusé par le pays dans ce domaine l’oblige à bifurquer vers des activités susceptibles d’être plus rentables. Selon lui, les activités du marketing digital, des services multimédia et de l’imagerie numérique ont une portée internationale. Les services offerts par La Place S.A dans le design artistique peuvent, par exemple, être vendus comme portfolio sur le marché international. Malheureusement les travaux exigés par la clientèle locale ne satisfont pas toujours les normes de standardisation des milieux artistiques internationaux spécialisés dans le domaine, ce qui représente selon Nickolson la plus grande difficulté rencontrée jusque-là pour un essor véritable de l’entreprise. Mais il ne compte pas en rester là pour autant. La Place S.A investit un temps fou auprès de ses clients en les aidant à mieux établir des stratégies en fonction de leurs objectifs et en les fournissant des conseils adaptés à leurs besoins, ce qui lui permet, du même coup, d’améliorer la qualité des travaux au niveau mondialement requis.
Le diplômé du Campus Henry Christophe de l’Université d’Etat d’Haïti pense qu’une vie réussie exige une bonne planification et le respect des valeurs du travail, de la liberté et du sacrifice. Membre du Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti(CEEH), il croit trouver dans ce cercle une communauté parfaite pour la promotion, le partage et la mise en valeur des talents, des compétences et de la créativité dont recèle la jeunesse du pays. Personnellement, il est prêt à tout mettre en œuvre pour l’expansion de cette structure qui l’a énormément aidé dans la formulation de ses aspirations et la concrétisation de ses objectifs.
Ainé d’une famille de 4 enfants, Nickolson doit tout à sa mère, à son oncle et à sa tante qui ont énormément contribué à son éducation, l’aidant à devenir l’homme qu’il est aujourd’hui. Il entend poursuivre sur cette même lancée à travers l’entrepreneuriat qui selon lui est la meilleure façon d’apporter sa pierre à la construction d’une vie et d’un monde meilleurs offrant à chacun la possibilité de réaliser ses rêves. « create your digital brand » est donc un pas de plus vers cette destination de paix et de prospérité.
Crédit photo: Kendy Louis Etienne (KEL Photography )
Certaines personnes ont l’entrepreneuriat dans le sang. D’autres deviennent entrepreneures à force de côtoyer certaines gens qui évoluent dans les affaires. Le premier cas correspond parfaitement à Guy-Alain APPOLON quand il s’agit de le catégoriser. Entre Entrepreneur, Musicien, web master et peintre, Guy-Alain APPOLON a plusieurs cordes à son arc. Il est originaire de Carrefour. Il a fait ses études classiques respectivement au collège Sacré-Cœur à Juvénat et Univers Frère Raphael situé à Carrefour. Il est le fils unique de sa mère.
En 2014, à son baccalauréat, sa mère est tombée malade. Cette situation lui a couté l’année académique 2013-2014. Ne voulant pas baisser les bras, il s’est fait inscrire au Centre de Technologie Moderne d’Haïti (CETEMOH) pour étudier le Génie civil ensuite l’Informatique. Ces études ont été achevées sur front de grandes difficultés nous a confié APPOLON en ces mots : « À CETEMOH, j’ai choisi le Génie Civil pour me tourner ensuite vers l’Informatique. Ça n’a pas été facile pour moi. À cause de la maladie de ma mère, j’ai dû fermer et rouvrir mon dossier plusieurs fois ».
Le jeune Webmaster n’entendait pas faire marche arrière en dépit de la disparition de sa mère. « Deux ans plus tard, en 2016 ma mère est décédée. Mais son départ ne m’a pas empêché de terminer mes études professionnelles », déclare-t-il. Ainsi va-t-il devoir affronter la vie comme un combattant. Il se lance dans le domaine de la technologie en créant la plateforme Makèt Pam, www.maketpamht.com , une entreprise en ligne au service du secteur commercial électronique (e-commerce). Cette plateforme permet aux gens de vendre et d’acheter en ligne. C’est un véritable marché qui sert de lieu de rencontre entre deux principaux acteurs; vendeurs et acheteurs.
L’entrepreneur affirme avoir déjà donné ses services à d’autres entreprises dans la création de sites internet, de logiciels et dans le design. Depuis 2018, il évolue en tant que Freelancer. Il a mis sur pied, Appo-graphic Conception, une entreprise qui offre ses services dans la conception graphique. L’homme de Maket Pam a fait plusieurs autres expériences tant avec des étrangers qu’avec des nationaux. « J’ai travaillé pour de nombreuses personnes en Haïti et à l’étranger, entre création de logiciels, de sites internet, de base de données, de systèmes de gestions et de travaux graphiques », poursuit-il.
En plus d’être quelque chose qui peut procurer à Guy-Alain APPOLON un avenir meilleur, l’entrepreneuriat est une passion pour lui. Il croit que c’est l’un des secteurs qui peut aider à l’avancement d’Haïti. Alors, il veut y apporter sa contribution. C’est dans cette perspective qu’il veut créer beaucoup d’entreprises en Haïti qui puissent avoir de l’impact à l’échelle internationale.
Par ailleurs, le web master encourage les jeunes haïtiens qui souhaitent se lancer dans l’entreprenariat à s’investir de manière à essayer de résoudre un vrai problème tout en suivant leurs passions.
Incertain, peureux, ce sont des adjectifs qu’on pourrait aisément utiliser pour qualifier l’état d’esprit de bon nombre d’haïtiennes et d’haïtiens vivant dans le pays ces dernières années. Tout cela est dû aux différentes crises politiques, sociales et économiques qui sévissent dans le pays. Cet état de fait a fait fuir des milliers de citoyennes et de citoyens, particulièrement des jeunes, vers des terres étrangères, à la recherche d’un mieux-être. Malgré ces faits, il existe encore des gens dans le pays qui croient, ne serait-ce qu’un infime espoir, que le pays peut sortir de ce bourbier. En ce sens, ils luttent constamment à façonner ce lendemain. Edel JOASSAINT en est un exemple vivant. Qui est-il ? Une entrevue avec lui nous a permis de réponde à cette question.
Edel JOASSAINT est originaire de Léogâne. Il est né dans une famille chrétienne. Il a fait ses études classiques à cette même ville. Ses études universitaires lui ont poussé à se rendre à Port-au-Prince, la Capitale d’Haïti. Il a intégré la Faculté des Sciences Humaines (FASCH) de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) en 2016 où il étudie le Travail Social. Outre, il a participé à des ateliers de formations, des conférences et a suivi des cours en ligne afin de se former dans le domaine de la finance. Il est membre du Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti (CEEH).
Ce jeune léoganais, dès son enfance, vers l’âge de 10 ans, nourrissait déjà des idées de business. Avec ses amis de l’époque, il a eu l’idée de créer un complexe. 10 ans plus tard, ses rêves se réalisent, en partie. Il s’est mis avec sa famille et ses amis afin d’investir dans des entreprises. C’est ainsi qu’ils ont créé le Group 42 et le Group 6 HAITI, des entreprises qui regroupent différents types d’activités. M. Joassaint a aussi investi dans plusieurs autres entreprises.
Le Group 42 et le Group 6 HAITI sont des entreprises de productions et de services qui ont respectivement leur siège social à Port-au-Prince et à Léogâne. La première regroupe plusieurs filières qui sont le Groupe 42 Pâtisserie, le repos 42 et Eau pure 42. Chacune de ces filières se focalise sur une sphère d’activités. Le Groupe 42 Pâtisserie propose des produits de la pâtisserie haïtienne, le Repos 42 offre des services hôteliers et Eau pure 42, la vente d’eau potable. La seconde entreprise offre des services funéraires.
La force de M. Joassaint s’établit sur la discipline, la persévérance et le courage d’utiliser les expériences jugées inappropriées à sa vision de départ, la capacité de tenir ses mots et de jumeler le business et ses autres activités. Il éprouve du plaisir dans la formation personnelle. L’échec n’existe pas dans son vocabulaire. Il vit ses succès, qui sont tous grands, journellement. Il a pour source de motivation sa mère qu’il considère comme une guerrière, un agent de socialisation et une entrepreneure; les écrits de Robert Kiyosaki et son environement social le plus proche.
Le jeune entrepreneur fait déjà une projection concernant sa vie dans les 5 à 10 prochaines années: 《 Il est normal de faire une projection liée au niveau que l’on souhaite atteindre dans 5 à 10 ans. Cependant, la matérialisation de ses rêves dans un contexte national suscite des doutes. Il est vrai que je dessine une réalité de vie pour ces années, mais le plus important pour moi c’est d’accélérer sans hésitation vers mes objectifs en mettant à l’écart toutes sortes de procrastination. Car à force qu’on néglige d’accélérer pour atteindre ses buts, on cède la place à une ambiance d’intoxication de soi》.
Enfin, M. Joassaint encourage les jeunes du pays comme lui à se donner des obligations, d’être toujours ponctuel dans les moindres activités qu’ils ont à entreprendre et d’éradiquer en eux la procrastination. Car pour lui, ces deux fléaux tuent les nouvelles idées en temps réel. De plus, il continue pour dire qu’il serait mieux de bien maîtriser les champs d’activités dans lesquels on souhaite investir et d’avoir toujours l’habitude de tuer le temps avec des pratiques constructives.
Dans l’ouvrage »l’homme le plus riche de Babylone », Georges S. Clason déclare que : « La prospérité du pays dépend de la prospérité financière personnelle de chacun de nous. » Prenons en exemple Edel JOASSAINT, un modèle d’optimisme, de courage, de volonté et de détermination afin de réussir pour notre bien et pour celui du pays.