Les dessous de l’entrepreneuriat jeunesse en Haïti

CP: Dynamique-mag.com

Par Jean Wiltho PIERRE

Depuis plusieurs années, l’entrepreneuriat est devenu une bouffée d’oxygène pour des jeunes en Haïti. Nombreuses sont les conférences qui sont réalisées sur ce thème. Certaines sont plus motivantes que d’autres. Mais toutes ont pour objectif d’encourager les jeunes à intégrer le monde entrepreneurial. Depuis, on constate une augmentation du nombre de Startup et de Petites et Moyennes Entreprises(PME) en Haïti. La question est de savoir comment se fait-il qu’en pleine crise économique, politique et sociale, des jeunes se mobilisent avec autant d’énergie pour créer des entreprises. Qu’est ce qui explique cet engouement ?

La réalité qui s’installe dans le milieu haïtien, c’est que chaque jeune se croit être un potentiel entrepreneur. Il croit pouvoir changer sa vie et apporter un coup de pouce à l’économie du pays. L’idée reçue est que les entrepreneurs sont tous la base de l’accroissement de la prospérité. Pour certains, oui mais pour d’autres, c’est une illusion de croire en cela. Ils ne sont pas tous des entrepreneurs qui créent de richesse dans l’économie. Certains ne font que d’acheter et de revendre. Il y en a qui font de l’entrepreneuriat juste pour survivre. De telles activités sont souvent non productives. Elles s’apparentent à de mouvement de multiplication de rente. Cette forme n’aura pas de grande influence sur l’économie haïtienne. Face à ce groupe d’entrepreneurs que l’on considère comme des rentiers, il existe un autre groupe qui est constitué d’entrepreneurs d’opportunités qui veulent entreprendre dans des conditions optimales. En dépit du fait que l’économie haïtienne est au cœur d’une série de crise qui la rend extrêmement faible au niveau de sa croissance. Il reste une nécessité pour les acteurs concernés de repenser l’écosystème entrepreneurial haïtien afin de favoriser la croissance économique.

Pour le PDG de La place, Nickolson Lamour, le chômage grandissant et l’insécurité financière en Haïti seraient à la base de l’engouement des jeunes à créer des Startup malgré la complication de la crise multidimensionnelle haïtienne. Cela veut dire que l’entrepreneuriat est utilisé chez les jeunes pour créer de l’auto-emploi quand l’économie est en manque. Plus loin, M. Lamour estime que ce n’est pas une bonne attitude de s’adonner à des activités de business sans avoir les basiques, autrement dit, les prérequis. Il encourage les jeunes à se former davantage pour avoir une bonne capacité dans la gestion et l’administration (management) avant de se lancer dans les affaires. De son côté, la présidente du Cercle des Étudiants Entrepreneurs d’Haïti(CEEH), Djenane Madona BAPTISTE, l’entrepreneuriat gagne du terrain ces derniers jours et les jeunes évoluent dans un contexte où le discours dominant est la réussite des entrepreneurs. Pour elle, c’est l’un parmi les facteurs qui enfluencent dans leurs décisions d’entreprendre. <> Selon elle, la montée des nouvelles technologies facilite en grande partie la création des Startup car la crise actuelle n’a pas le même impact sur les activités en lignes que sur les entreprises physiques.

L’environnement économique haïtien offre tout sauf un terrain fertile pour le développement de l’entrepreneuriat. Une main d’œuvre qualifiée très rare ; pas d’accès au crédit pour les jeunes ; très peu de capacité pour absorber les avancés des nouvelles technologies sont entre autres des barricades dressées sur la route des Startup et des PME. Cette situation ne fait qu’augmenter le nombre d’entrepreneurs par nécessité pendant qu’elle diminue ceux d’opportunités. Du coup, cette tendance doit être inversée. Pour cela, les principaux acteurs (Etat et secteur privé) doivent s’impliqués dans l’entrepreneuriat. Il faut aménager un environnement global pour entreprendre. Accès aux financements ; application de politique publique axée sur l’entrepreneuriat ; mise en place d’infrastructure légale et commerciale sont des signaux claires que l’Etat doivent envoyer aux jeunes pour développer l’entrepreneuriat Jeunesse en Haïti.

Pjw2011@yahoo.fr

Quand le Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti (CEEH) prône l’Entrepreneuriat étudiant

Un(e) étudiant(e) entrepreneur(e) a le désir et le besoin d’intégrer (si toutefois il n’en fait pas encore partie) une association entrepreneuriale comme le Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti (CEEH) qui, est une Association regroupant des Jeunes, des Etudiants, des Universitaires et des Professionnels se livrant à des activités commerciales, industriels ou prestations de services en Haïti et représente leurs intérêts.

Par Giovanni JEAN LOUIS

Le chômage est, partout dans le monde, un fait social très considéré. Tous les pays travaillent à sa diminution. Là où certains réussisent d’autres sont échoués. Il entraine avec lui des conséquences néfastes. Le(la) chômeur(se), non seulement est privé(e) de la possibilité qu’il(elle) gagne de l’argent, mais perd aussi une partie de son réseau social. Dans le monde, avant la COVID-19, on a récencé environ 201 millions de personnes qui sont sans emploi (RFI. L’OIT prévoit une hausse du chômage dans le monde, dans Emploi et Travail, 13 janvier 2017). Avec cette pandémie, le bilan est quasiment plus lourd. Considérant qu’Haïti fait partie des pays dont le bien-être social est le moins élevé, elle n’est donc pas épargnée par ce phénomène. Toujours avant la COVID-19, selon Fritz-Gerald Louis, : « … le taux du chômage dans le pays était de 35%. Sur les 2.9 millions de personnes de la population active, le secteur informel absorbe 1.9 million, soit 64.5% » (LOUIS, Fritz-Gerald. Le chômage évalué en chiffre, Haiti/Emploi, Le Nouvelliste, 22 novembre 2013).

Le chômage affecte particulièrement la jeunesse. Ainsi, après leurs licences la majorité de nos jeunes vont grossir le rang des personnes en chômage. De ce fait, devenir entrepreneur(e) est très avantageux pour l’étudiant(e) dans un pays comme Haïti où les opportunités de travail sont très faibles. Car, combien d’universitaires qui sont détenteurs de licence et même de maitrise dans une discipline scientifique et qui ont leur Curriculum Vitae (CV) dans presque toutes les institutions relatives à leur discipline d’étude sans pour autant trouver un emploi ? Combien de jeunes, qui, après au moins 4 ans d’études difficiles, travaillent pendant environ 8 heures par jour afin de gagner une exécrable somme d’argent comme salaire (Certains n’arrivent même pas à payer le loyer) ?

De fait, pendant qu’on est encore étudiant(e), on peut réfléchir autrement. Etre salarié(e) ne doit pas être une obligation, mais une option. Certaines personnes en effet font le choix d’être à la fois employeurs et employés, patrons et salariés. Être seulement de la deuxième catégorie (salariés) est cependant un pari risqué. Que deviendrait-on après un probable licenciement ?

Dans les universités et les écoles professionnelles, on ne forme pratiquement pas l’étudiant(e) à devenir entrepreneur(e). On lui apprend à préparer des CV tandis que l’idéal serait la préparation de plans d’affaires.

Alors, pourquoi ne pas devenir un(e) étudiant(e) entrepreneur(e) puisque l’entrepreneuriat peut aider à avoir un niveau économique plus ou moins élevé et surtout procurer un sentiment d’accomplissement ? Pourquoi ne pas devenir étudiant(e) entrepreneur(e) vu que la création d’une entreprise peut aider à satisfaire un besoin de la communauté ?

Parfois, l’environnement, pour un étudiant.e, est défavorable pour créer et innover. On forge souvent ses pensées de discours négatifs et nocifs. Or, il(elle) a la ressource la plus importante qui est lui-même, pendant qu’il(elle) est cependant, il faut le signaler, sa plus grande limite.

Que veut l’étudiant(e) après sa licence ? une kyrielle de CV dans son tiroir ou une entreprise ? L’Etat providence n’existe pas. Il n’a jamais existé en Haïti. Les jeunes devraient être leur propre Providence.

Donc, un(e) étudiant(e) entrepreneur(e) se forme à l’université ou à l’école professionnelle pour devenir fondateur ou CEO de sa propre entreprise ; Un(e) étudiant(e) entrepreneur(e) sait que la micro entreprise et/ou la startup est un choix alternatif très efficace au développement de son pays, il(elle) travaille donc, en compagnie d’autres collègues, à cette fin ; Un(e) étudiant(e) entrepreneur(e) est conscient de la faiblesse de son Etat en ce qui concerne l’emploi, se focalise à cet effet dans la création de son(ses) entreprise(s) pour compenser cette carence ; Un(e) étudiant(e) entrepreneur(e) a le désir et le besoin d’intégrer (si toutefois il n’en fait pas encore partie) une association entrepreneuriale comme le Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti (CEEH) qui est une Association regroupant des Jeunes, des Etudiants, des Universitaires et des Professionnels se livrant à des activités commerciales, industriels ou prestations de services en Haïti et représente leurs intérêts. Fondé le 25 aout 2016, ce Cercle se donne pour mission de participer au développement économique et social du pays tout en unissant les catégories de personnes dans les secteurs précités.

En effet, depuis sa création, le CEEH a déjà réalisé plusieurs grands séminaires et conférences en mobilisant plus de 1000 participants. Il a signé un protocole d’accord avec l’entreprise Banj dans le cadre du lancement de la plateforme Ayiti Smart Talent lancée par le Centre de Facilitation des Investissements (CFI) et supportée par la Banque Interaméricaine de Développement (BID). Il a participé dans des évènements qu’organisent de jeunes entrepreneurs et leaders tels que Enomy GERMAIN, Marc Alain BOUCICAULT, Mike BELLOT et autres. Bref, après seulement 3 ans, CEEH se révèle une Association qui impacte positivement la vie de beaucoup de jeunes. En décembre 2019, les membres du CEEH en compagnie d’autres investisseurs ont ouvert un espace de co-working, le Dynasty Hub, pouvant permettre aux étudiant(e)s et aux jeunes désireux d’entreprendre de trouver un endroit adapté pour échanger avec d’autres esprits créatifs.

Vous qui n’êtes pas encore membre de cette structure, il est encore temps de rejoindre cette grande famille d’entrepreneurs.

giovanniceeh@gmail.com