Les dessous de l’entrepreneuriat jeunesse en Haïti

CP: Dynamique-mag.com

Par Jean Wiltho PIERRE

Depuis plusieurs années, l’entrepreneuriat est devenu une bouffée d’oxygène pour des jeunes en Haïti. Nombreuses sont les conférences qui sont réalisées sur ce thème. Certaines sont plus motivantes que d’autres. Mais toutes ont pour objectif d’encourager les jeunes à intégrer le monde entrepreneurial. Depuis, on constate une augmentation du nombre de Startup et de Petites et Moyennes Entreprises(PME) en Haïti. La question est de savoir comment se fait-il qu’en pleine crise économique, politique et sociale, des jeunes se mobilisent avec autant d’énergie pour créer des entreprises. Qu’est ce qui explique cet engouement ?

La réalité qui s’installe dans le milieu haïtien, c’est que chaque jeune se croit être un potentiel entrepreneur. Il croit pouvoir changer sa vie et apporter un coup de pouce à l’économie du pays. L’idée reçue est que les entrepreneurs sont tous la base de l’accroissement de la prospérité. Pour certains, oui mais pour d’autres, c’est une illusion de croire en cela. Ils ne sont pas tous des entrepreneurs qui créent de richesse dans l’économie. Certains ne font que d’acheter et de revendre. Il y en a qui font de l’entrepreneuriat juste pour survivre. De telles activités sont souvent non productives. Elles s’apparentent à de mouvement de multiplication de rente. Cette forme n’aura pas de grande influence sur l’économie haïtienne. Face à ce groupe d’entrepreneurs que l’on considère comme des rentiers, il existe un autre groupe qui est constitué d’entrepreneurs d’opportunités qui veulent entreprendre dans des conditions optimales. En dépit du fait que l’économie haïtienne est au cœur d’une série de crise qui la rend extrêmement faible au niveau de sa croissance. Il reste une nécessité pour les acteurs concernés de repenser l’écosystème entrepreneurial haïtien afin de favoriser la croissance économique.

Pour le PDG de La place, Nickolson Lamour, le chômage grandissant et l’insécurité financière en Haïti seraient à la base de l’engouement des jeunes à créer des Startup malgré la complication de la crise multidimensionnelle haïtienne. Cela veut dire que l’entrepreneuriat est utilisé chez les jeunes pour créer de l’auto-emploi quand l’économie est en manque. Plus loin, M. Lamour estime que ce n’est pas une bonne attitude de s’adonner à des activités de business sans avoir les basiques, autrement dit, les prérequis. Il encourage les jeunes à se former davantage pour avoir une bonne capacité dans la gestion et l’administration (management) avant de se lancer dans les affaires. De son côté, la présidente du Cercle des Étudiants Entrepreneurs d’Haïti(CEEH), Djenane Madona BAPTISTE, l’entrepreneuriat gagne du terrain ces derniers jours et les jeunes évoluent dans un contexte où le discours dominant est la réussite des entrepreneurs. Pour elle, c’est l’un parmi les facteurs qui enfluencent dans leurs décisions d’entreprendre. <> Selon elle, la montée des nouvelles technologies facilite en grande partie la création des Startup car la crise actuelle n’a pas le même impact sur les activités en lignes que sur les entreprises physiques.

L’environnement économique haïtien offre tout sauf un terrain fertile pour le développement de l’entrepreneuriat. Une main d’œuvre qualifiée très rare ; pas d’accès au crédit pour les jeunes ; très peu de capacité pour absorber les avancés des nouvelles technologies sont entre autres des barricades dressées sur la route des Startup et des PME. Cette situation ne fait qu’augmenter le nombre d’entrepreneurs par nécessité pendant qu’elle diminue ceux d’opportunités. Du coup, cette tendance doit être inversée. Pour cela, les principaux acteurs (Etat et secteur privé) doivent s’impliqués dans l’entrepreneuriat. Il faut aménager un environnement global pour entreprendre. Accès aux financements ; application de politique publique axée sur l’entrepreneuriat ; mise en place d’infrastructure légale et commerciale sont des signaux claires que l’Etat doivent envoyer aux jeunes pour développer l’entrepreneuriat Jeunesse en Haïti.

Pjw2011@yahoo.fr

CEEH souffle sa quatrième bougie

Le cercle des étudiants entrepreneurs d’Haïti souffle sa quatrième bougie le 25 Août 2020. L’exploit est là sous nos yeux, total et sans appel. Les fondements sont posés, les stratégies de consolidation battent leur plein, les membres s’activent comme jamais. Au milieu de ces temps de troubles qui bouleversent notre pays et le monde en général, le cercle tient ferme. La satisfaction est d’autant plus méritée quand nous savons que ces quatre dernières années ne furent pas des plus aisées. Le chaos social, politique et environnemental a cassé assez souvent la volonté et l’élan de plus d’un. Le cercle est parvenu malgré tout à se maintenir avec un esprit d’équipe fort, un optimisme sans faille et un caractère exceptionnel de ses membres.

La célébration de cette année consacre, encore une fois, la volonté des membres du cercle de poursuivre énergiquement leur but qui est, d’une part, de combler le déficit d’espace d’orientation et d’intégration de la jeunesse haïtienne et d’autre part, de se tailler courageusement une place dans l’écosystème entrepreneurial haïtien. Cet article vise à dégager une brève compréhension des avancées du cercle à l’occasion de ce quatrième anniversaire et à esquisser un tableau d’ensemble renfermant des facteurs internes et externes qui contribuent à ces avancées.

Après une brève enquête menée au sein du cercle, nous avons constaté que bon nombre de start-up lancées par les membres n’ont pas survécu plus de trois mois. Cependant, il faut noter qu’il y a environ une vingtaine d’entre elles qui parviennent à se maintenir à flots avec une très grande concentration dans le service. Près de 85% des start-up sont des entreprises de service contre 35% qui évolue dans la production. Les services multimédias comptent parmi les plus dominants. Environ 50% d’entre elles fonctionnent dans un secteur à forte concurrence. Tandis que quasiment toutes les start-up acquiescent sur le rôle central de l’innovation dans le développement des entreprises. 65% d’entre elles déclarent cependant qu’elles innovent très peu et que cela provient notamment du fait du manque d’accès au crédit et de l’instabilité sociopolitique. La majorité des initiatives ont été déjà bloquées par la situation sociopolitique du pays. Trois entreprises sur quatre ont déjà arrêté totalement leurs activités dus aux événements de troubles politiques. Les rapports de CEEH avec les différentes start-up affiliées sont d’ordre divers. En termes de priorité croissante, en général, elles se servent des plateformes du cercle pour la promotion de leurs activités, arrive ensuite le networking, l’interconnexion professionnelle et la formation sur l’entrepreneuriat et certains outils numériques.

Cette brève présentation nous permet d’effleurer la réalité dynamique globalement positive à l’intérieur du cercle, cependant c’est à travers l’analyse détaillée des éléments positifs (forces et opportunités) et négatifs (faiblesses et menaces) du cercle que nous vous invitons à apprécier le chemin parcouru depuis ses quatre ans.

Les éléments qui font la force du CEEH


Nombreux sont les facteurs positifs qui marquent la dynamique interne du Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti (CEEH). Trois d’entre eux se révélent extrêmement important pour le futur du cercle et retiennent particulièrement notre attention. Succinctement nous vous les présentons.

La motivation est une ressource précieuse nécessaire au bon fonctionnement de toute organisation, CEEH semble en être gâté sur ce point. Malgré les signaux négatifs et l’ambiance morose qui génèrent des inquiétudes légitimes sur l’avenir dans le pays, CEEH peut compter sur des membres motivés qui croient fortement en la capacité de création et d’innovation des jeunes, d’apporter des transformations positives à leurs vies et à leurs environnements respectifs.

Le réalisme est une autre caractéristique positive qui prédomine au sein du cercle. Les opportunités ne se présentent pas de manière permanente. L’entrée dans les différentes branches d’activités économiques est généralement étroite. La concurrence est rude et les financements se font rares. Cela n’empêche pas cependant que de brillantes initiatives ont été prises à la limite des possibilités des membres. Des exploits tels que Dynasty Hub, K-soomy Création, le réseau social Funtchat, pour ne citer que celles-là, démontrent les aptitudes des membres à concrétiser la vision du cercle.

La volonté d’extension à l’échelle du territoire national est un autre point fort de l’équipe. Le cercle n’entend pas à se limiter uniquement à Port-au-Prince. Car, l’idée de l’organiser au niveau national en intégrant des jeunes de tous les horizons du pays est une nécessité. Un tel niveau de représentativité au sein des communautés urbaines et rurales favorise l’élargissement des possibilités d’affaires et la capacité à atteindre les différents segments du marché haïtien. Les membres du cercle sont aussi de profils divers, ils viennent de tous les secteurs d’activités socioprofessionnelles et constituent une excellente base de ressources humaines.

Les points révélant les faiblesses


Le cercle n’est pas étranger aux faiblesses qui caractérisent souvent tout regroupement où les membres sont de profils divers, variés et disposant de peu de temps commun pour s’enrichir au contact de l’autre. Les attentes individuelles, les buts personnels prennent parfois un peu de temps avant de se transformer en de véritables visions et missions collectives.

 
Les opportunités en devenant membre du CEEH


L’entrepreneuriat en Haïti, vue de manière formelle, est encore à ses débuts dus aux retards structurels accumulés depuis environ une soixantaine d’années et l’appropriation anarchique des acquis de la révolution cybernétique. La jeunesse haïtienne se trouve confronter, malgré elle, à de graves déséquilibres. Les membres du cercle ne se croisent pas les bras en attendant que d’autres viennent arranger la situation, ils se proposent plutôt comme pionniers, initiateurs expérimentant dans de multiples domaines des start-up, des projets, des activités de formation dans le but de réduire cet écart. L’exploitation des avancées technologiques en phase avec le développement culturel et historique est une entreprise très prometteuse qui reste cependant bloquée à cause des mauvaises situations sociopolitiques. Néanmoins ces crises ne peuvent pas durer indéfiniment, il faudra, au moins sur le moyen terme, rétablir la stabilité institutionnelle et l’ordre public et s’attaquer aux véritables problèmes qui se résument à la base à une économie chétive, improductive, non-aérée et réticente au changement. CEEH compte contribuer au rattrapage de ce retard de développement en adoptant une attitude intelligente et positive aux transformations technologiques, en promouvant une utilisation massive des outils numériques dans toutes ses activités et en partageant toutes formes de savoir utile à la compréhension de l’évolution de l’entrepreneuriat et des affaires économiques en général, pour reprendre la présidente du Cercle Mlle Jennane Madona Baptiste

Les menaces confrontés par le cercle


Les menaces représentent l’ensemble des éléments extérieurs au cercle mais qui influent négativement sur son fonctionnement. La situation sociopolitique et économique d’Haïti représente en ce sens une menace majeure. Les crises, les périodes d’instabilité générale, les incertitudes alimentent une ambiance délétère. La dégradation continue de la conjoncture rétrécit les possibilités, elle annule des projets, bouleverse des plans, brouille les rêves et renvoie à demain des initiatives les plus simples. Au niveau structurel, les compétences des jeunes sont généralement sous-valorisées, les institutions accordent peu d’importance à l’intégration des jeunes dans le processus de développement économique. Le manque criant de certains éléments de base (électricité, pétrole, crédit, accompagnement) ralentit la marche des activités et rend difficile la mobilisation et la motivation des membres. Si ces menaces pèsent énormément sur la qualité du fonctionnement du cercle elles n’enlevent pas pour autant la détermination de ses membres. En étant optimiste par rapport au devenir de la société, le cercle pourra progresser plus rapidement avec la disparition de ces menaces au fur et à mesure.

Les perspectives du CEEH

Les perspectives pour les prochaines années sont à la hauteur des ambitions des membres du cercle qui est d’ériger CEEH comme l’une des principales plateformes de l’entrepreneuriat en Haïti. Les stratégies sont donc tournées vers l’élargissement du cercle avec l’intégration effective des nouveaux membres et l’ouverture du cercle aux couches jeunes de la diaspora haïtienne désireuses de prendre part aux activités économiques, sociales et éducatives bénéfiques pour notre société. La création du site de CEEH rentre aussi dans cette perspective d’ouverture et de création de liens entre les haïtiens d’ici et d’ailleurs. Le développement d’un pôle financier à l’intérieur du cercle représente un autre aspect important pour les prochaines années. En ce sens, la récente création d’une caisse populaire, « Kès Popilè Lavi (KPL) », se donne pour objectif de soutenir financièrement les initiatives des jeunes du cercle. Cela permettra, entre autres, de renforcer la pertinence et l’utilité des séances de formation en affaires en offrant la possibilité aux participants d’obtenir du crédit nécessaire à la concrétisation de leurs activités entrepreneuriales. En dernier lieu, le cercle compte planifier l’organisation d’un colloque annuel sur l’entrepreneuriat, le développement, la science et les potentialités de la jeunesse haïtienne avec une série de présentations qui seront par la suite disponible sur les réseaux sociaux à des fins éducatives.

Selon la présidente du CEEH, <<Cette quatrième année est pour nous un indicateur qui montre la capacité de notre jeunesse à travailler en équipe malgré tous les obstacles et toutes les difficultés auxquels elle est confrontée.>>>

En soufflant sur cette quatrième bougie, il ne fait aucun doute que les membres du Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti réitèrent leur volonté de participer au développement socio-économique d’Haïti.

Usnaelo DORCELANT

Sam Wendy BERJUSTE, un nom, une histoire, une vie

« Si vous mettez votre cœur dans la réalisation de vos projets, si la passion vous dévore et que rien ne vous arrête, succès, il y en aura. » Ce sont les paroles d’un jeune homme courageux, fougueux, dynamique et optimiste. Il s’agit bien de Sam Wendy BERJUSTE. Joint au téléphone, Sam nous fait découvrir son univers.

21 Décembre 1996 a marqué la date où Sam Wendy BERJUSTE a eu ces premiers cris à Les Anglais dans le département du sud d’Haïti. Il est l’aîné de sa famille. Ses premiers pas vers un établissement scolaire fut au Centre Chamboultout ci –devant Institution Mixte le Chamboultout. Puis, pour boucler ses études primaires, il est allé à l’Institution Mixte de Formation et de Recherches. Il a aussi fréquenté Lycée National de Pétion-ville pour ses études secondaires. Après son baccalauréat, il a intégré l’université PAODES afin d’étudier la gestion des affaires, une étude qu’il n’a pas encore terminée. Son objectif est sa source de motivation. C’est ce qui lui permet de se réveiller chaque matin et de voir la vie d’un autre œil. Il aime entreprendre. Car, pour lui c’est une passion qui l’aide à se surpasser. Il croit aussi que l’entreprenariat permet de faire ce que l’on veut vraiment : répondre à ses besoins personnels et diminuer le taux de chômage en créant de nouveaux emplois dans le pays.

Sa quête du succès fait de lui photographe, vidéographe, professeur, musicien et homme d’affaires. Le découragement, le manque de financement, l’abus de confiance sont autant d’obstacles qui lui guettent dans cette quête. Mais, afin de tout surmonter, il réside sa force en sa foi en Dieu, sa ténacité, sa détermination, sa passion et sa volonté de réussir. Ainsi, il a collaboré avec ces différentes entreprises : Kolektif Machann égaré, Blaisio accessoire, Remy’s Computer. Membre du Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti (CEEH). « CEEH est une famille, un refuge pour les entrepreneur.se.s un support pour les aspirant.e.s entrepreneur.se.s et une opportunité de grandir sur le plan entrepreneurial », a déclaré Sam Wendy BERJUSTE. Il est le fondateur de Livrai-zone et Motiv’action qui sont respectivement une Agence qui offre un service de livraison, de coursier, de Taxi et de déménagement, et une production de photographie, de vidéographie et d’organisation d’excursions,

« Partir vers une terre étrangère n’est pas la seule solution pour la réussite d’un jeune. Haïti est un pays vierge, avec un peu de dynamisme on peut réussir de grandes choses. Toutefois, il y a beaucoup d’obstacles à surmonter pour y arriver. D’où, la nécessité pour un jeune d’avoir beaucoup de détermination, un objectif, de la discipline, du courage et d’une force divine, Jésus, vu que le pays est bondé de pièges mystiques » a fait savoir l’homme de Livrai-zone.

Pierre Robenson SAINT LOUIS

pirosaintlouis@gmail.com

Roobens LOUIS, un esprit créatif et audacieux

« Nivo reyisit ou depann de nivo odas ou ». Tous ceux qui ont l’habitude de côtoyer Roobens Louis savent pertinemment qu’il se laisse guider par cet adage. Agé de 20 ans, Roobens Louis est ce jeune homme de taille moyenne, mince, sympathique, rêveur, renfermé, audacieux et ambitieux. Il a suivi des formations sur le leadership, le personal branding, entre autres. L’ancien élève du collège Catherine Flon rêve d’étudier les sciences de la gestion. C’est un passionné de l’entrepreneuriat. Roobens Louis est membre du Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti (CEEH). Il est également co-fondateur de Bens Group qui est une startup qui évolue dans le domaine du développement personnel et de l’entrepreneuriat.

Energique, dynamique et actif, le responsable événement du CEEH-Carrefour se fie à notre devise « l’union fait la force ». En dépit des difficultés, des inégalités sociales existantes en Haïti, monsieur Louis croit qu’un entrepreneur peut devenir millionnaire une fois que ce dernier peut compter sur la majeure partie de sa communauté. C’est-à-dire quand il y aura une réelle harmonie entre les jeunes entrepreneurs, les leaders et la jeunesse haïtienne en général. Il tient pour véritable cette citation qui stipule que la force est dans notre entraide.

En outre, il est assoiffé de réussite et aime se challenger. Ce jeune homme qui aime lire veut à tout prix contribuer à changer l’image de son pays, Haïti. En Rhéto, son esprit créatif et altruiste lui a permis d’avoir la brillante idée de collecter 135 000 gourdes afin de venir en aide aux personnes touchées par le cyclone Mathieu en 2016. Cette expérience ambitieuse lui a poussé, par conséquent, à explorer ses capacités de leader. A rappeler qu’en Décembre 2019 il a remporté le prix the challengers oú il a été honoré pour ses compétences en leadership.

Par ailleurs, le Co-fondateur de Bens Group a connu des mauvaises expérience dans sa vie. Une fois, il devait surveiller le business de son père, quelqu’un est entré et a dérobé quelque chose d’important. Ce qui lui a attristé bien évidemment. Une autre fois, une autre personne sur qui il comptait lui a joué un mauvais tour. Tandis qu’il rêvait, jadis, de devenir footballeur, un coach lui a fait croire qu’il pouvait l’aider a concrétiser ce rêve alors qu’il était venu juste pour lui soutirer de l’argent. Néanmoins, le consultant du programme de formation de développement personnel pour l’organisation internationale Arise project for humanity, continue à aller de l’avant et croit que tout est possible à celui qui ose.

Sigmund Freud eut à dire « Autrui joue dans la vie de l’individu le rôle d’un modèle, d’un objet, d’un associé ou d’un adversaire », Roobens, quant a lui, veut devenir un modèle pour ses consœurs et ses confrères. Des modèles pour notre jeunesse ? il en manque certainement, alors le futur propriétaire d’une entreprise multinationale nous encourage donc à être une source d’inspiration pour les autres. Il nous incite à vendre notre expertise, à ne plus laisser faire les charlatans et donc à nous engager afin de donner le meilleur de nous.

Djenane Madona BAPTISTE
baptisteceeh@gmail.com

« Create your digital brand », Jean Nickolson Lamour vous y accompagne

Discret, réservé et discipliné, Jean Nickolson LAMOUR, natif de la commune de Delmas est un passionné de dessin et de lecture. Ce jeune à multiple talents œuvre dans la photographie évènementielle, les services multimédias et l’imagerie numérique. Ainsi, il a fondé « La Place S. A. », une entreprise qui entend marquer son empreinte dans la fascinante sphère de l’économie numérique.

Tournée essentiellement vers la satisfaction de la clientèle, l’équipe de cette start-up avec pour devise : « create your digital brand » se veut être un acteur incontournable dans les activités du monde digital en Haïti. Au départ Nickolson voulait faire de La Place une référence dans le commerce électronique, cependant le retard accusé par le pays dans ce domaine l’oblige à bifurquer vers des activités susceptibles d’être plus rentables. Selon lui, les activités du marketing digital, des services multimédia et de l’imagerie numérique ont une portée internationale. Les services offerts par La Place S.A dans le design artistique peuvent, par exemple, être vendus comme portfolio sur le marché international. Malheureusement les travaux exigés par la clientèle locale ne satisfont pas toujours les normes de standardisation des milieux artistiques internationaux spécialisés dans le domaine, ce qui représente selon Nickolson la plus grande difficulté rencontrée jusque-là pour un essor véritable de l’entreprise. Mais il ne compte pas en rester là pour autant. La Place S.A investit un temps fou auprès de ses clients en les aidant à mieux établir des stratégies en fonction de leurs objectifs et en les fournissant des conseils adaptés à leurs besoins, ce qui lui permet, du même coup, d’améliorer la qualité des travaux au niveau mondialement requis.

Le diplômé du Campus Henry Christophe de l’Université d’Etat d’Haïti pense qu’une vie réussie exige une bonne planification et le respect des valeurs du travail, de la liberté et du sacrifice. Membre du Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti(CEEH), il croit trouver dans ce cercle une communauté parfaite pour la promotion, le partage et la mise en valeur des talents, des compétences et de la créativité dont recèle la jeunesse du pays. Personnellement, il est prêt à tout mettre en œuvre pour l’expansion de cette structure qui l’a énormément aidé dans la formulation de ses aspirations et la concrétisation de ses objectifs.

Ainé d’une famille de 4 enfants, Nickolson doit tout à sa mère, à son oncle et à sa tante qui ont énormément contribué à son éducation, l’aidant à devenir l’homme qu’il est aujourd’hui. Il entend poursuivre sur cette même lancée à travers l’entrepreneuriat qui selon lui est la meilleure façon d’apporter sa pierre à la construction d’une vie et d’un monde meilleurs offrant à chacun la possibilité de réaliser ses rêves. « create your digital brand » est donc un pas de plus vers cette destination de paix et de prospérité.

DORCÉLANT Usnaelo
snayel016@gmail.com

Guy-Alain APPOLON, un entrepreneur dans l’âme

Crédit photo:
Kendy Louis Etienne (KEL Photography )

Certaines personnes ont l’entrepreneuriat dans le sang. D’autres deviennent entrepreneures à force de côtoyer certaines gens qui évoluent dans les affaires. Le premier cas correspond parfaitement à Guy-Alain APPOLON quand il s’agit de le catégoriser. Entre Entrepreneur, Musicien, web master et peintre, Guy-Alain APPOLON a plusieurs cordes à son arc. Il est originaire de Carrefour. Il a fait ses études classiques respectivement au collège Sacré-Cœur à Juvénat et Univers Frère Raphael situé à Carrefour. Il est le fils unique de sa mère.

En 2014, à son baccalauréat, sa mère est tombée malade. Cette situation lui a couté l’année académique 2013-2014. Ne voulant pas baisser les bras, il s’est fait inscrire au Centre de Technologie Moderne d’Haïti (CETEMOH) pour étudier le Génie civil ensuite l’Informatique. Ces études ont été achevées sur front de grandes difficultés nous a confié APPOLON en ces mots : « À CETEMOH, j’ai choisi le Génie Civil pour me tourner ensuite vers l’Informatique. Ça n’a pas été facile pour moi. À cause de la maladie de ma mère, j’ai dû fermer et rouvrir mon dossier plusieurs fois ».

Le jeune Webmaster n’entendait pas faire marche arrière en dépit de la disparition de sa mère. « Deux ans plus tard, en 2016 ma mère est décédée. Mais son départ ne m’a pas empêché de terminer mes études professionnelles », déclare-t-il. Ainsi va-t-il devoir affronter la vie comme un combattant. Il se lance dans le domaine de la technologie en créant la plateforme Makèt Pam, www.maketpamht.com
, une entreprise en ligne au service du secteur commercial électronique (e-commerce). Cette plateforme permet aux gens de vendre et d’acheter en ligne. C’est un véritable marché qui sert de lieu de rencontre entre deux principaux acteurs; vendeurs et acheteurs.

L’entrepreneur affirme avoir déjà donné ses services à d’autres entreprises dans la création de sites internet, de logiciels et dans le design. Depuis 2018, il évolue en tant que Freelancer. Il a mis sur pied, Appo-graphic Conception, une entreprise qui offre ses services dans la conception graphique. L’homme de Maket Pam a fait plusieurs autres expériences tant avec des étrangers qu’avec des nationaux. « J’ai travaillé pour de nombreuses personnes en Haïti et à l’étranger, entre création de logiciels, de sites internet, de base de données, de systèmes de gestions et de travaux graphiques », poursuit-il.

Outre Makèt Pam qui est un travail personnel, le webdesigner à créer www.cedelhaiti.org ; www.dynastyhub.net ; www.medasha.com
 ; www.kozeteknoloji.com
 ; www.kafounews.com
; www.exodenews.com
 ; www.adrahaiti.orgwrite.org
 ; www.kafoujazzfest.org
 ; www.bondealpam.com
. Ce qui lui confère une très bonne expérience dans ce domaine. Pour plus d’un, c’est un entrepreneur né.

En plus d’être quelque chose qui peut procurer à Guy-Alain APPOLON un avenir meilleur, l’entrepreneuriat est une passion pour lui. Il croit que c’est l’un des secteurs qui peut aider à l’avancement d’Haïti.
Alors, il veut y apporter sa contribution. C’est dans cette perspective qu’il veut créer beaucoup d’entreprises en Haïti qui puissent avoir de l’impact à l’échelle internationale.

Par ailleurs, le web master encourage les jeunes haïtiens qui souhaitent se lancer dans l’entreprenariat à s’investir de manière à essayer de résoudre un vrai problème tout en suivant leurs passions.

Jean Wiltho PIERRE
Pjw2011@yahoo.fr

Coup d’œil sur la vie de Ron Steve FILIAS

« Être trop jeune, n’a jamais été un frein à vouloir réussir mes projets, explorer de nouveaux domaines et me responsabiliser sur chaque aspect de ma vie », déclare Ron Steve Filias, l’ainé d’une famille de deux (2) enfants. Originaire de Port-au-Prince, Ron Steve qui s’identifie comme étant fils de coeur du Cap-Haïtien est né le 07 Mars 1998 . Il a respectivement fait ses études primaires et universitaires à la Capitale et dans la deuxième ville du pays. Il a opté pour les sciences administratives à l’Université Publique du Nord au Cap-Haïtien de 2015 à 2019. Altruiste, humble, optimiste, fougueux, mélancolique, sont, entre autres, des caractéristiques qui le qualifient.

Ancien coordonnateur du Cercle des Etudiants Entrepreneurs du Cap-Haïtien, son sens de leadership lui a propulsé au poste de coordonnateur communal au sein du comité exécutif de ladite association.

Pour ce jeune entrepreneur, l’entreprenariat n’est qu’une solution réelle et adaptée d’un problème auquel on est confronté. Il a, entre autres, identité un. Il s’agit d’une carence en espace pour se recréer. Ainsi, le Port-au-Princien a fondé La Citrouille. Cette dernière est une entreprise qui évolue dans l’évènementiel sous une base de financement participatif. Elle a pour mission d’offrir des espaces de divertissement à la communauté.

Les rêves de Ron Steve Filias n’ont pas de limites. Il est associé et Directeur de Sik’èm, une start-up qui commence à faire ses preuves dans la confiserie. Elle offre différents produits qui sont destinés plus particulièrement aux enfants et aux adolescents dont leur fameuse barbe à papa qu’ils raffolent. A souligner que le Cercle des étudiants entrepreneurs d’Haïti (CEEH), le réseau des jeunes entrepreneurs,res , à contribuer grandement à la création de Sik’Èm.

M. Filias fait partie de ceux qui aiment le challenge. Il lit des livres sur le business, la littérature et d’autres ouvrages à caractère religieux. « S’adapter rapidement, comprendre les autres et surtout avoir une bonne équipe sont les clés de la réussite » martèle-t-il.

C’est le fondateur de La Citrouille qui donne le ton à sa vie. Il se livre corps et âme dans ses initiatives de manière à dépasser les clichés autour de sa jeune personnalité. Avant tout, pour lui, l’âge n’est qu’un état d’esprit.

N’ayez pas peur de prendre des risques. Une chose est sûre, vous ferez beaucoup d’erreurs mais sachez qu’en les faisant cela vous permettra de vous perfectionner. Tel est son message les jeunes du pays et d’ailleurs.

Djenane Madona BAPTISTE
baptisteceeh@gmail.com