Créatif culturel

wedemain.fr

Par Usnaelo DORCELANT

« Nous sommes aujourd’hui au moment crucial où l’on assiste à la fin d’une civilisation et où la prochaine n’est pas encore en vue. Les anciennes distinctions vont devenir floues, les opposés vont se mélanger : public et privé, religieux et séculier, Église et commerce, gauche et droite, spiritualité et psychothérapie.»[Cultural créative, 2001]

Nous devrions hésiter à embrasser religieusement ces annonces de fin du monde, de cycle, de civilisation ou de toute autre structure émergeante de l’histoire des sociétés humaines. Le long de leur parcours jusqu’ici, cependant nous vivons une période particulière dont les contours sont délicats à saisir. Le possible saut évolutif irréversible de l’être vers d’autres niveaux de conscience et d’existence n’est peut-être pas pour demain, il demeure que nous entamons à peine une ère technologique spectaculaire avec une vitesse qui peut donner le vertige. Comment saisir ces formidables opportunités que nous offrent les acquis de ces innovations qui viennent vague après vague ? Comment les concilier à nos aspirations individuelles et à l’apaisement de nos craintes personnelles, aux objectifs que nous nous sommes fixés et les obstacles que nous rencontrons ? Comment les mettre au profit de l’entretien et de l’intégrité du bien-être et de l’harmonie collectif ? C’est en élaborant des éléments de réponses à ces préoccupantes questions que la créativité culturelle entre en jeu. Elle s’entend comme un ensemble de dispositions mentales et comportementales d’un acteur ou d’un groupe d’acteurs qui vise à remettre les valeurs culturelles positives telles que le respect de la nature et des traditions, l’importance de l’éthique, de la cohérence, de la spiritualité et de la dignité humaine au cœur du fonctionnement rationaliste et productiviste des sociétés modernes. Assez bien caractérisée par les chercheurs américains Paul H. Ray et Sherry Ruth Anderson aux E.U, notre propos ici est d’exposer brièvement une synthèse de ces tendances à l’attention des lecteurs du blog intéressés à rassembler quelques puzzles qui fournissent des débuts de réponses à nos questionnements.

Respect de la nature, de l’environnement et de la biodiversité des écosystèmes

L’amélioration des techniques de production, les nouveautés à la chaine rendent nos vies plus confortables, néanmoins ils intègrent des coûts qui ne nous viennent pas toujours à l’esprit en admirant ce nouveau jeans ou ce joli Smartphone. Ces coûts deviennent des dettes que nous laissons le soin d’être remboursées par d’autres. Ces « autres » qui prennent notre place ne sont pas toujours d’autres êtres humains, ils peuvent être des ressources naturelles qui se tarissent, des écosystèmes entiers qui s’effondrent, des climats qui se détériorent. Le créatif culturel sent en lui-même que le prix à payer est extrêmement lourd pour une accélération de notre rythme d’exploitation de la nature à des fins productives. Aussi place-t-il le respect pour l’environnement en première position dans tous les débats à l’ordre du jour que ce soit dans les organisations internationales, les sommets mondiaux, la critique des entreprises privées, la promotion de nouvelles tendances entrepreneuriales et son voisinage immédiat. Les actualités regorgent d’initiatives, de luttes menées en faveur de l’environnement partout sur la planète dans toutes les cultures. Il n y a pas de religion ou de sagesse ancienne qui n’accorde pas à la nature une place sacrée dans les mystères de l’existence. Le créatif culturel dénonce la cadence infernale de la machine à produire en rappelant la nécessité de mettre la nature au centre de nos logiques de production.

Rejet de l’évangile consumériste

Nos choix de consommation sont tout aussi importants, ce que nous choisissons de consommer et pourquoi nous faisons ces types de choix doivent être des exercices soumis à l’examen de notre conscience. Le consumérisme loin de nous permettre de dégager un sens à la réalité nous entraine plutôt à rechercher la satisfaction exclusivement dans l’acquisition de nouveaux produits, de nouveaux biens, de nouveaux gadgets, ce faisant nous venons à considérer que les relations humaines, le bonheur, la compréhension, la sagesse s’achètent et s’échangent comme des biens marchands. Avec la créativité culturelle nous sommes appelées à rejeter l’utilisation à la chaine des produits monotones venant de la publicité mais plutôt à consommer des produits qui font sens, à embrasser des nouveautés qui résonnent avec nos valeurs culturelles, nos croyances sans compromettre nos perceptions sur les relations humaines, les normes de conduite, le bonheur et la solidarité sociale.

Recherche d’authenticité, de cohérence et de justice sociale


La créativité culturelle suppose aussi la recherche d’harmonie au niveau des institutions sociales, politiques et économiques à laquelle la culture humaine a donnée naissance. Comment est-ce qu’on épargne son argent dans une institution qui finance des activités qui exploitent les énergies fossiles? Comment est-ce qu’on prône des idéaux de paix et de démocratie avec un canon au poing et des manipulations dans les couloirs? L’alignement des intentions et des actions est une donnée importante pour le créatif culturel. Nous héritons de nombreuses contradictions de l’histoire, cependant il revient à nous de construire maintenant un ensemble de valeurs communes, de faire preuve d’inventivité culturelle pour éradiquer ces contradictions, réduire les inégalités sociales et créer des communautés authentiques, solides capables de maitriser les changements technologiques qui nous envahissent.

Intérêts porté vers l’éthique et la sagesse des civilisations passées

Les peuples qui nous ont précédé peuvent nous apprendre beaucoup sur nous-même et sur les grands dilemmes collectifs depuis des temps reculés. L’intérêt suscité envers l’éthique et la sagesse ancienne est un signe de reconnaissance de la juste valeur de ces dernières. Elles nous aident à comprendre que nous sommes à notre tour un maillon d’une longue chaine qui ne nous transmet pas seulement les poids du passé mais surtout différentes formes d’intelligence, d’aptitude, d’orientation innée, de savoir et de savoir-faire pour aller de l’avant. Elles nous permettent de retrouver les repères et de faire face à nos défis. Quoique le tableau d’ensemble est un peu plus complexe, la créativité culturelle à travers ces quelques éléments élabore un cadre flexible, fonctionnel et durable qui favorise l’adoption de pratiques entrepreneuriales en accord à nos besoins individuels et communs en ces moments d’accélération où beaucoup vont trop vite sans direction et créent de la confusion.


snayel016@gmail.com

Les dessous de l’entrepreneuriat jeunesse en Haïti

CP: Dynamique-mag.com

Par Jean Wiltho PIERRE

Depuis plusieurs années, l’entrepreneuriat est devenu une bouffée d’oxygène pour des jeunes en Haïti. Nombreuses sont les conférences qui sont réalisées sur ce thème. Certaines sont plus motivantes que d’autres. Mais toutes ont pour objectif d’encourager les jeunes à intégrer le monde entrepreneurial. Depuis, on constate une augmentation du nombre de Startup et de Petites et Moyennes Entreprises(PME) en Haïti. La question est de savoir comment se fait-il qu’en pleine crise économique, politique et sociale, des jeunes se mobilisent avec autant d’énergie pour créer des entreprises. Qu’est ce qui explique cet engouement ?

La réalité qui s’installe dans le milieu haïtien, c’est que chaque jeune se croit être un potentiel entrepreneur. Il croit pouvoir changer sa vie et apporter un coup de pouce à l’économie du pays. L’idée reçue est que les entrepreneurs sont tous la base de l’accroissement de la prospérité. Pour certains, oui mais pour d’autres, c’est une illusion de croire en cela. Ils ne sont pas tous des entrepreneurs qui créent de richesse dans l’économie. Certains ne font que d’acheter et de revendre. Il y en a qui font de l’entrepreneuriat juste pour survivre. De telles activités sont souvent non productives. Elles s’apparentent à de mouvement de multiplication de rente. Cette forme n’aura pas de grande influence sur l’économie haïtienne. Face à ce groupe d’entrepreneurs que l’on considère comme des rentiers, il existe un autre groupe qui est constitué d’entrepreneurs d’opportunités qui veulent entreprendre dans des conditions optimales. En dépit du fait que l’économie haïtienne est au cœur d’une série de crise qui la rend extrêmement faible au niveau de sa croissance. Il reste une nécessité pour les acteurs concernés de repenser l’écosystème entrepreneurial haïtien afin de favoriser la croissance économique.

Pour le PDG de La place, Nickolson Lamour, le chômage grandissant et l’insécurité financière en Haïti seraient à la base de l’engouement des jeunes à créer des Startup malgré la complication de la crise multidimensionnelle haïtienne. Cela veut dire que l’entrepreneuriat est utilisé chez les jeunes pour créer de l’auto-emploi quand l’économie est en manque. Plus loin, M. Lamour estime que ce n’est pas une bonne attitude de s’adonner à des activités de business sans avoir les basiques, autrement dit, les prérequis. Il encourage les jeunes à se former davantage pour avoir une bonne capacité dans la gestion et l’administration (management) avant de se lancer dans les affaires. De son côté, la présidente du Cercle des Étudiants Entrepreneurs d’Haïti(CEEH), Djenane Madona BAPTISTE, l’entrepreneuriat gagne du terrain ces derniers jours et les jeunes évoluent dans un contexte où le discours dominant est la réussite des entrepreneurs. Pour elle, c’est l’un parmi les facteurs qui enfluencent dans leurs décisions d’entreprendre. <> Selon elle, la montée des nouvelles technologies facilite en grande partie la création des Startup car la crise actuelle n’a pas le même impact sur les activités en lignes que sur les entreprises physiques.

L’environnement économique haïtien offre tout sauf un terrain fertile pour le développement de l’entrepreneuriat. Une main d’œuvre qualifiée très rare ; pas d’accès au crédit pour les jeunes ; très peu de capacité pour absorber les avancés des nouvelles technologies sont entre autres des barricades dressées sur la route des Startup et des PME. Cette situation ne fait qu’augmenter le nombre d’entrepreneurs par nécessité pendant qu’elle diminue ceux d’opportunités. Du coup, cette tendance doit être inversée. Pour cela, les principaux acteurs (Etat et secteur privé) doivent s’impliqués dans l’entrepreneuriat. Il faut aménager un environnement global pour entreprendre. Accès aux financements ; application de politique publique axée sur l’entrepreneuriat ; mise en place d’infrastructure légale et commerciale sont des signaux claires que l’Etat doivent envoyer aux jeunes pour développer l’entrepreneuriat Jeunesse en Haïti.

Pjw2011@yahoo.fr

Pourquoi les entreprises exigent-elles des chercheurs.es d’emploi plusieurs années d’expérience?

La plupart des pourvoyeurs d’emploi sont en quête de profils expérimentés. Les plaintes sont nombreuses en ce qui concerne l’insertion des jeunes sur le marché du travail. En effet, dans la presse écrite, sur les différentes plateformes de réseaux sociaux, les appels à recrutement exigent quelques années d’expérience, c’est une condition essentielle d’accès à l’emploi. Deux, trois, cinq, dix ans…. d’expérience, les employeurs font leurs exigences. A peine bouclé les études universitaires/professionnelles mais, où trouver ces années d’expériences requises ? Faute d’expériences professionnelles, beaucoup de jeunes diplômés/licenciés restent sans emploi. Ce qui, évidemment contribue à l’augmentation du taux de chômage ou encore ces sans emploi se retrouvent à exercer d’autres métiers par obligation. Les entreprises sont souvent pointées du doigt comme seuls responsables. Est-ce vraiment les seuls coupables ? Est-ce qu’elles agissent pour leur propre compte ? Est-ce qu’elles n’ont pas de complices ?

Pour l’obtention d’un poste de travail certainement il faut avoir la compétence requise. Mais d’habitude quand les clients.es cherchent des services auprès des institutions, ils/elles réclament toujours que ce sont des personnes expérimentées qui leurs servent. Pour corroborer cette thèse, on a interviewé dix(10) professionnels à ce sujet. Huit(8) sur dix(10) ont déclaré qu’ils se fient plutôt aux employés.es expérimentés.es, car ils/elles sont habitués.es à leur tâche. Après tout l’habitude, dit-on, n’est-elle pas une seconde nature ? En guise d’exemple, sous le couvert de l »anonymat, une personne nous a confié que quand il va chez le coiffeur et il ne trouve pas celui qui a l’habitude de le servir, il préfère attendre ou s’en aller pour revenir. Certes, ce sont les entreprises qui, à première vue, exigent des chercheurs.es d’emploi une expérience professionnelle mais après analyse nous constatons qu’elles ne font que répondre aux demandes de leurs clients.es. L’entreprise existe pour déservir sa clientèle et donc son devoir est de le satisfaire.

Comme l’a dit ce grand penseur humaniste, Nicolas Machiavel, l’une des premières choses de l’homme, c’est sa fureur pour la nouveauté. Chers.es clients.es, apprennent donc à faire confiance aux nouvelles compétences. Ne deviennent pas complice de ce fléau qui s’abat sur la nouvelle génération. Cessent d’avoir une attitude répulsive envers les nouvelles têtes des entreprises. Ne permettent pas à ce que les préjugés emportent sur les compétences de ces dernières. Oui, l’employé.e doit être apte à occuper le poste mais ça, on ne le saura jamais si on ne lui donne pas sa chance. Il faut mettre un terme à ce jugement envers les nouveaux recrus/nouvelles recrues pour leur manque d’expérience. Jeunes, implique toi dans des activités de bénévoles/volontariat afin d’acquérir de l’expérience dans votre domaine de profession. Chères institutions, que les plus expérimentés.es accompagne les personnes qui sont nouvelles sur le marché du travail, qu’ils/qu’elles soient des mentors pour elles afin qu’elles le deviennent à leur tour pour d’autres. Soit plus ouverte aux stagiaires. Pertinemment nous savons tous.tes que pour certains postes il y a des pré-requis mais on sait depuis fort longtemps qu’on ne naît pas forgeron, c’est en forgeant qu’on le devient.

Djenane Madona BAPTISTE
baptisteceeh@gmail.com

CEEH souffle sa quatrième bougie

Le cercle des étudiants entrepreneurs d’Haïti souffle sa quatrième bougie le 25 Août 2020. L’exploit est là sous nos yeux, total et sans appel. Les fondements sont posés, les stratégies de consolidation battent leur plein, les membres s’activent comme jamais. Au milieu de ces temps de troubles qui bouleversent notre pays et le monde en général, le cercle tient ferme. La satisfaction est d’autant plus méritée quand nous savons que ces quatre dernières années ne furent pas des plus aisées. Le chaos social, politique et environnemental a cassé assez souvent la volonté et l’élan de plus d’un. Le cercle est parvenu malgré tout à se maintenir avec un esprit d’équipe fort, un optimisme sans faille et un caractère exceptionnel de ses membres.

La célébration de cette année consacre, encore une fois, la volonté des membres du cercle de poursuivre énergiquement leur but qui est, d’une part, de combler le déficit d’espace d’orientation et d’intégration de la jeunesse haïtienne et d’autre part, de se tailler courageusement une place dans l’écosystème entrepreneurial haïtien. Cet article vise à dégager une brève compréhension des avancées du cercle à l’occasion de ce quatrième anniversaire et à esquisser un tableau d’ensemble renfermant des facteurs internes et externes qui contribuent à ces avancées.

Après une brève enquête menée au sein du cercle, nous avons constaté que bon nombre de start-up lancées par les membres n’ont pas survécu plus de trois mois. Cependant, il faut noter qu’il y a environ une vingtaine d’entre elles qui parviennent à se maintenir à flots avec une très grande concentration dans le service. Près de 85% des start-up sont des entreprises de service contre 35% qui évolue dans la production. Les services multimédias comptent parmi les plus dominants. Environ 50% d’entre elles fonctionnent dans un secteur à forte concurrence. Tandis que quasiment toutes les start-up acquiescent sur le rôle central de l’innovation dans le développement des entreprises. 65% d’entre elles déclarent cependant qu’elles innovent très peu et que cela provient notamment du fait du manque d’accès au crédit et de l’instabilité sociopolitique. La majorité des initiatives ont été déjà bloquées par la situation sociopolitique du pays. Trois entreprises sur quatre ont déjà arrêté totalement leurs activités dus aux événements de troubles politiques. Les rapports de CEEH avec les différentes start-up affiliées sont d’ordre divers. En termes de priorité croissante, en général, elles se servent des plateformes du cercle pour la promotion de leurs activités, arrive ensuite le networking, l’interconnexion professionnelle et la formation sur l’entrepreneuriat et certains outils numériques.

Cette brève présentation nous permet d’effleurer la réalité dynamique globalement positive à l’intérieur du cercle, cependant c’est à travers l’analyse détaillée des éléments positifs (forces et opportunités) et négatifs (faiblesses et menaces) du cercle que nous vous invitons à apprécier le chemin parcouru depuis ses quatre ans.

Les éléments qui font la force du CEEH


Nombreux sont les facteurs positifs qui marquent la dynamique interne du Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti (CEEH). Trois d’entre eux se révélent extrêmement important pour le futur du cercle et retiennent particulièrement notre attention. Succinctement nous vous les présentons.

La motivation est une ressource précieuse nécessaire au bon fonctionnement de toute organisation, CEEH semble en être gâté sur ce point. Malgré les signaux négatifs et l’ambiance morose qui génèrent des inquiétudes légitimes sur l’avenir dans le pays, CEEH peut compter sur des membres motivés qui croient fortement en la capacité de création et d’innovation des jeunes, d’apporter des transformations positives à leurs vies et à leurs environnements respectifs.

Le réalisme est une autre caractéristique positive qui prédomine au sein du cercle. Les opportunités ne se présentent pas de manière permanente. L’entrée dans les différentes branches d’activités économiques est généralement étroite. La concurrence est rude et les financements se font rares. Cela n’empêche pas cependant que de brillantes initiatives ont été prises à la limite des possibilités des membres. Des exploits tels que Dynasty Hub, K-soomy Création, le réseau social Funtchat, pour ne citer que celles-là, démontrent les aptitudes des membres à concrétiser la vision du cercle.

La volonté d’extension à l’échelle du territoire national est un autre point fort de l’équipe. Le cercle n’entend pas à se limiter uniquement à Port-au-Prince. Car, l’idée de l’organiser au niveau national en intégrant des jeunes de tous les horizons du pays est une nécessité. Un tel niveau de représentativité au sein des communautés urbaines et rurales favorise l’élargissement des possibilités d’affaires et la capacité à atteindre les différents segments du marché haïtien. Les membres du cercle sont aussi de profils divers, ils viennent de tous les secteurs d’activités socioprofessionnelles et constituent une excellente base de ressources humaines.

Les points révélant les faiblesses


Le cercle n’est pas étranger aux faiblesses qui caractérisent souvent tout regroupement où les membres sont de profils divers, variés et disposant de peu de temps commun pour s’enrichir au contact de l’autre. Les attentes individuelles, les buts personnels prennent parfois un peu de temps avant de se transformer en de véritables visions et missions collectives.

 
Les opportunités en devenant membre du CEEH


L’entrepreneuriat en Haïti, vue de manière formelle, est encore à ses débuts dus aux retards structurels accumulés depuis environ une soixantaine d’années et l’appropriation anarchique des acquis de la révolution cybernétique. La jeunesse haïtienne se trouve confronter, malgré elle, à de graves déséquilibres. Les membres du cercle ne se croisent pas les bras en attendant que d’autres viennent arranger la situation, ils se proposent plutôt comme pionniers, initiateurs expérimentant dans de multiples domaines des start-up, des projets, des activités de formation dans le but de réduire cet écart. L’exploitation des avancées technologiques en phase avec le développement culturel et historique est une entreprise très prometteuse qui reste cependant bloquée à cause des mauvaises situations sociopolitiques. Néanmoins ces crises ne peuvent pas durer indéfiniment, il faudra, au moins sur le moyen terme, rétablir la stabilité institutionnelle et l’ordre public et s’attaquer aux véritables problèmes qui se résument à la base à une économie chétive, improductive, non-aérée et réticente au changement. CEEH compte contribuer au rattrapage de ce retard de développement en adoptant une attitude intelligente et positive aux transformations technologiques, en promouvant une utilisation massive des outils numériques dans toutes ses activités et en partageant toutes formes de savoir utile à la compréhension de l’évolution de l’entrepreneuriat et des affaires économiques en général, pour reprendre la présidente du Cercle Mlle Jennane Madona Baptiste

Les menaces confrontés par le cercle


Les menaces représentent l’ensemble des éléments extérieurs au cercle mais qui influent négativement sur son fonctionnement. La situation sociopolitique et économique d’Haïti représente en ce sens une menace majeure. Les crises, les périodes d’instabilité générale, les incertitudes alimentent une ambiance délétère. La dégradation continue de la conjoncture rétrécit les possibilités, elle annule des projets, bouleverse des plans, brouille les rêves et renvoie à demain des initiatives les plus simples. Au niveau structurel, les compétences des jeunes sont généralement sous-valorisées, les institutions accordent peu d’importance à l’intégration des jeunes dans le processus de développement économique. Le manque criant de certains éléments de base (électricité, pétrole, crédit, accompagnement) ralentit la marche des activités et rend difficile la mobilisation et la motivation des membres. Si ces menaces pèsent énormément sur la qualité du fonctionnement du cercle elles n’enlevent pas pour autant la détermination de ses membres. En étant optimiste par rapport au devenir de la société, le cercle pourra progresser plus rapidement avec la disparition de ces menaces au fur et à mesure.

Les perspectives du CEEH

Les perspectives pour les prochaines années sont à la hauteur des ambitions des membres du cercle qui est d’ériger CEEH comme l’une des principales plateformes de l’entrepreneuriat en Haïti. Les stratégies sont donc tournées vers l’élargissement du cercle avec l’intégration effective des nouveaux membres et l’ouverture du cercle aux couches jeunes de la diaspora haïtienne désireuses de prendre part aux activités économiques, sociales et éducatives bénéfiques pour notre société. La création du site de CEEH rentre aussi dans cette perspective d’ouverture et de création de liens entre les haïtiens d’ici et d’ailleurs. Le développement d’un pôle financier à l’intérieur du cercle représente un autre aspect important pour les prochaines années. En ce sens, la récente création d’une caisse populaire, « Kès Popilè Lavi (KPL) », se donne pour objectif de soutenir financièrement les initiatives des jeunes du cercle. Cela permettra, entre autres, de renforcer la pertinence et l’utilité des séances de formation en affaires en offrant la possibilité aux participants d’obtenir du crédit nécessaire à la concrétisation de leurs activités entrepreneuriales. En dernier lieu, le cercle compte planifier l’organisation d’un colloque annuel sur l’entrepreneuriat, le développement, la science et les potentialités de la jeunesse haïtienne avec une série de présentations qui seront par la suite disponible sur les réseaux sociaux à des fins éducatives.

Selon la présidente du CEEH, <<Cette quatrième année est pour nous un indicateur qui montre la capacité de notre jeunesse à travailler en équipe malgré tous les obstacles et toutes les difficultés auxquels elle est confrontée.>>>

En soufflant sur cette quatrième bougie, il ne fait aucun doute que les membres du Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti réitèrent leur volonté de participer au développement socio-économique d’Haïti.

Usnaelo DORCELANT

Widlène Bélidor, un modèle de réussite

CP: Brown Raymond

Partout dans le monde, en ce 21ème siècle, de plus en plus de femmes s’investissent dans le monde entrepreneurial à la recherche d’un mieux être, d’une autonomie etc. En effet, elles se font remarquer par leur courage, leur ambition et leur volonté de surmonter les obstacles dressant sur leur parcours. Ainsi, Melinda Gates déclare : << Une femme qui donne de la voix est par définition une femme forte. >> Parlant de femme forte, Widlène Bélidor en est une parmi les miliers qu’on peut en dénombrer en Haïti. Dans une entrevue accordée à notre équipe de rédaction, elle nous raconte ses moments de déboire et de succès.

CEEH : Parlez-nous un peu de vous.

WB : Je suis Widlène Bélidor, une businesswoman et entrepreneure. Née à l’Hôpital St Charles de Carrefour le 7 Août 1992, je suis l’ainée de ma mère et la deuxième fille de mon père. J’ai été à l’école République du Canada et au Collège Mixte Frère Lamérique. Après mes études secondaires, j’ai intégré la PAODES université pour des études en sciences comptables.

CEEH : Vous vous investissez dans quelle champs d’activités?

WB : Je suis la propriétaire de WIDOUE ELEGANCE : un store situé à Delmas 33, ouvert le 7 Août 2020. Je suis également associée à Dynasty Hub et membre du Cerle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti (CEEH). Dans les années antérieures, à chaque vacances, j’aidais des enfants dans des camps de vacances. Cela m’avait motivé à mettre sur pieds un programme d’aide dénommé « Soutien scolaire ». Ce dernier visait à aider des enfants vivant dans des familles monoparentales.

CEEH : Quand est-ce que vous avez commencé à entreprendre?

WB : J’ai commencé très tôt. Je me souviens quand j’étais en 6ème A.F., je vendais des sachets de bonbons et de surettes à l’école afin d’aider ma mère et mes quatre frères et sœurs. Malheureusement, j’ai un père irresponsable, ma mère devait tout faire pour nous assurer un avenir meilleur, mes frères et sœurs et moi. Arrivée en 9ème A.F., pour les examens officiels, j’ai eu un cousin qui m’avait fait un cadeau de 1000 gdes. Avec ce montant, j’ai acheté environ trois maillots pour revendre. Dès lors, j’ai pris goût à acheter et revendre des articles. Mais j’allais vraiment prendre l’élan nécessaire grâce à une amie du Cap-Haïtien. Dans un premier temps, je n’étais qu’un simple agent de liason pour elle. Puis un jour, je lui ai demandé d’être mon fournisseur. Ce qu’elle a accepté. Grâce à ses aides et celles d’autres fournisseurs, je suis devenue non seulement une détaillante, mais également une grossiste. Ma persévérance et ma détermination m’ont permis à présent d’ouvrir mon propre store.

CEEH : Pourquoi avez-vous choisi d’entreprendre ?

WB : Je reste convaincue que l’entrepreneuriat est l’un des meilleurs moyens qu’une personne peut avoir pour réaliser ses rêves. Il nous rend libre et maître de nous même. À noter que je travaillais sur ma profession. Après avoir réalisé que je n’avais plus de temps pour moi, j’ai décidé de laisser tomber pour devenir ma propre patronne. À présent, j’ai plus de temps à me consacrer et plus de revenus.

CEEH : Qu’est-ce qui caractérise la force de votre réussite? Quelles sont vos sources de motivation ? Partagez avec nous l’une de vos citations préférées.

WB : Ma réussite se focalise sur le courage et l’ambition. Ma mère est ma plus grande source de motivation. Elle est un modèle pour moi. Il y a aussi CEEH grâce à ses formations axées sur l’entrepreneuriat et son système de réseautage. Cette citation d’Albert Schweitzer est mon léitemotiv : << Si vous ne courez pas après ce que vous voulez, vous ne l’aurez jamais. Si vous ne demandez pas, la réponse sera toujours non. Si vous ne faites pas un pas en avant, vous resterez toujours au même endroit. >>

CEEH Quelles sont vos perspectives d’avenir ?

WB : Avec WIDOUE ELEGANCE, je ne compte pas rester là. Je souhaite avoir un complexe et aussi développer ma propre marque.

Pierre Robenson SAINT LOUIS
pirosaintlouis@gmail.com

Quand le Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti (CEEH) prône l’Entrepreneuriat étudiant

Un(e) étudiant(e) entrepreneur(e) a le désir et le besoin d’intégrer (si toutefois il n’en fait pas encore partie) une association entrepreneuriale comme le Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti (CEEH) qui, est une Association regroupant des Jeunes, des Etudiants, des Universitaires et des Professionnels se livrant à des activités commerciales, industriels ou prestations de services en Haïti et représente leurs intérêts.

Par Giovanni JEAN LOUIS

Le chômage est, partout dans le monde, un fait social très considéré. Tous les pays travaillent à sa diminution. Là où certains réussisent d’autres sont échoués. Il entraine avec lui des conséquences néfastes. Le(la) chômeur(se), non seulement est privé(e) de la possibilité qu’il(elle) gagne de l’argent, mais perd aussi une partie de son réseau social. Dans le monde, avant la COVID-19, on a récencé environ 201 millions de personnes qui sont sans emploi (RFI. L’OIT prévoit une hausse du chômage dans le monde, dans Emploi et Travail, 13 janvier 2017). Avec cette pandémie, le bilan est quasiment plus lourd. Considérant qu’Haïti fait partie des pays dont le bien-être social est le moins élevé, elle n’est donc pas épargnée par ce phénomène. Toujours avant la COVID-19, selon Fritz-Gerald Louis, : « … le taux du chômage dans le pays était de 35%. Sur les 2.9 millions de personnes de la population active, le secteur informel absorbe 1.9 million, soit 64.5% » (LOUIS, Fritz-Gerald. Le chômage évalué en chiffre, Haiti/Emploi, Le Nouvelliste, 22 novembre 2013).

Le chômage affecte particulièrement la jeunesse. Ainsi, après leurs licences la majorité de nos jeunes vont grossir le rang des personnes en chômage. De ce fait, devenir entrepreneur(e) est très avantageux pour l’étudiant(e) dans un pays comme Haïti où les opportunités de travail sont très faibles. Car, combien d’universitaires qui sont détenteurs de licence et même de maitrise dans une discipline scientifique et qui ont leur Curriculum Vitae (CV) dans presque toutes les institutions relatives à leur discipline d’étude sans pour autant trouver un emploi ? Combien de jeunes, qui, après au moins 4 ans d’études difficiles, travaillent pendant environ 8 heures par jour afin de gagner une exécrable somme d’argent comme salaire (Certains n’arrivent même pas à payer le loyer) ?

De fait, pendant qu’on est encore étudiant(e), on peut réfléchir autrement. Etre salarié(e) ne doit pas être une obligation, mais une option. Certaines personnes en effet font le choix d’être à la fois employeurs et employés, patrons et salariés. Être seulement de la deuxième catégorie (salariés) est cependant un pari risqué. Que deviendrait-on après un probable licenciement ?

Dans les universités et les écoles professionnelles, on ne forme pratiquement pas l’étudiant(e) à devenir entrepreneur(e). On lui apprend à préparer des CV tandis que l’idéal serait la préparation de plans d’affaires.

Alors, pourquoi ne pas devenir un(e) étudiant(e) entrepreneur(e) puisque l’entrepreneuriat peut aider à avoir un niveau économique plus ou moins élevé et surtout procurer un sentiment d’accomplissement ? Pourquoi ne pas devenir étudiant(e) entrepreneur(e) vu que la création d’une entreprise peut aider à satisfaire un besoin de la communauté ?

Parfois, l’environnement, pour un étudiant.e, est défavorable pour créer et innover. On forge souvent ses pensées de discours négatifs et nocifs. Or, il(elle) a la ressource la plus importante qui est lui-même, pendant qu’il(elle) est cependant, il faut le signaler, sa plus grande limite.

Que veut l’étudiant(e) après sa licence ? une kyrielle de CV dans son tiroir ou une entreprise ? L’Etat providence n’existe pas. Il n’a jamais existé en Haïti. Les jeunes devraient être leur propre Providence.

Donc, un(e) étudiant(e) entrepreneur(e) se forme à l’université ou à l’école professionnelle pour devenir fondateur ou CEO de sa propre entreprise ; Un(e) étudiant(e) entrepreneur(e) sait que la micro entreprise et/ou la startup est un choix alternatif très efficace au développement de son pays, il(elle) travaille donc, en compagnie d’autres collègues, à cette fin ; Un(e) étudiant(e) entrepreneur(e) est conscient de la faiblesse de son Etat en ce qui concerne l’emploi, se focalise à cet effet dans la création de son(ses) entreprise(s) pour compenser cette carence ; Un(e) étudiant(e) entrepreneur(e) a le désir et le besoin d’intégrer (si toutefois il n’en fait pas encore partie) une association entrepreneuriale comme le Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti (CEEH) qui est une Association regroupant des Jeunes, des Etudiants, des Universitaires et des Professionnels se livrant à des activités commerciales, industriels ou prestations de services en Haïti et représente leurs intérêts. Fondé le 25 aout 2016, ce Cercle se donne pour mission de participer au développement économique et social du pays tout en unissant les catégories de personnes dans les secteurs précités.

En effet, depuis sa création, le CEEH a déjà réalisé plusieurs grands séminaires et conférences en mobilisant plus de 1000 participants. Il a signé un protocole d’accord avec l’entreprise Banj dans le cadre du lancement de la plateforme Ayiti Smart Talent lancée par le Centre de Facilitation des Investissements (CFI) et supportée par la Banque Interaméricaine de Développement (BID). Il a participé dans des évènements qu’organisent de jeunes entrepreneurs et leaders tels que Enomy GERMAIN, Marc Alain BOUCICAULT, Mike BELLOT et autres. Bref, après seulement 3 ans, CEEH se révèle une Association qui impacte positivement la vie de beaucoup de jeunes. En décembre 2019, les membres du CEEH en compagnie d’autres investisseurs ont ouvert un espace de co-working, le Dynasty Hub, pouvant permettre aux étudiant(e)s et aux jeunes désireux d’entreprendre de trouver un endroit adapté pour échanger avec d’autres esprits créatifs.

Vous qui n’êtes pas encore membre de cette structure, il est encore temps de rejoindre cette grande famille d’entrepreneurs.

giovanniceeh@gmail.com

La COVID-19 crée de nouvelles opportunités.

Partout dans le monde le nouveau Coronavirus a couté la vie a de nombreuse personnes. Il a, en outre, bouleversé le monde du travail et a poussé les entrepreneurs à mettre en œuvre des mesures d’urgences. Comme l’a souligné le secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies, António GUTERRES, aucune entreprise n’a été épargnée, en bien ou en mal dépendamment de son secteur d’activité. En Haïti, la situation est devenue plus vulnérable qu’auparavant à plusieurs niveaux. En effet, les impacts de la Covid19 qui est une catastrophe sanitaire se font sentir dans d’autres domaines. Du point de vue économique, différentes entreprises ont été obligés de laisser partir certains/es de leurs employés/es ou encore baisser les salaires. De plus, il y a la hausse des prix des produits de première nécessité, l’inflation, etc. Sur le plan social, plusieurs familles ont été contraintes de réduire leurs dépenses alimentaires, dépression chez quelques-unes, entre autres.

En dépit des nombreuses difficultés auxquelles font face les entreprises haïtiennes, certaines d’entre elles s’accommodent avec la pandémie. Cette dernière a eu des retombées positives surtout pour celles qui évoluent dans le commerce électronique alors que pour les autres qui nécessitent une présence physique elle a été très néfaste. Le nouveau coronavirus, malgré ses conséquences néfastes sur notre quotidien, nous a quand même rappelé l’importance des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).

Nombreux sont ceux qui ont dû s’adapter avec créativité a l’évolution des circonstances. Dans ce contexte, les artistes haïtiens se sont mobilisés afin de maintenir le lien avec le public. Effectivement, sur différentes plateformes de réseaux sociaux, beaucoup d’entre eux ont livré des performances pour le plaisir des mélomanes en général et de leurs fans en particulier. Plusieurs événements culturels de différents genres ont été également réalisés. Pareillement, les gens qui évoluent dans la formation professionnelle ont organisé des Webinaires (séminaire en ligne), comme cela a été le cas de Jonhny HOMELUS, responsable de l’intiative « Konesans ak Homelus ». Pour sa part, Pierre Stanley BAPTISTE, auteur du livre « Underdog Revolution », dit qu’il a été très créatif en cette période de crise.

Il est évident que nous sommes à l’ère du numérique, à l’ère de la digitalisation. Dans le pays, ce moment de crise a été révélateur dans la mesure où il a permis à tout un chacun de voir toute l’utilité des smartphones et des autres outils numériques. Questionné sur l’après Covid-19, Reginald LADOUCEUR, directeur général de Dynasty Hub, croit que la COVID-19 devrait favoriser une accélération de la digitalisation de l’économie Haïtienne. Même si nous reconnaissons que le taux d’accessibilité aux objets connectés sont très faibles. Enfin, sommes-nous prêts à changer de cap en ce qui concerne la technologie ?

Djenane Madona BAPTISTE
baptisteceeh@gmail.com

Sam Wendy BERJUSTE, un nom, une histoire, une vie

« Si vous mettez votre cœur dans la réalisation de vos projets, si la passion vous dévore et que rien ne vous arrête, succès, il y en aura. » Ce sont les paroles d’un jeune homme courageux, fougueux, dynamique et optimiste. Il s’agit bien de Sam Wendy BERJUSTE. Joint au téléphone, Sam nous fait découvrir son univers.

21 Décembre 1996 a marqué la date où Sam Wendy BERJUSTE a eu ces premiers cris à Les Anglais dans le département du sud d’Haïti. Il est l’aîné de sa famille. Ses premiers pas vers un établissement scolaire fut au Centre Chamboultout ci –devant Institution Mixte le Chamboultout. Puis, pour boucler ses études primaires, il est allé à l’Institution Mixte de Formation et de Recherches. Il a aussi fréquenté Lycée National de Pétion-ville pour ses études secondaires. Après son baccalauréat, il a intégré l’université PAODES afin d’étudier la gestion des affaires, une étude qu’il n’a pas encore terminée. Son objectif est sa source de motivation. C’est ce qui lui permet de se réveiller chaque matin et de voir la vie d’un autre œil. Il aime entreprendre. Car, pour lui c’est une passion qui l’aide à se surpasser. Il croit aussi que l’entreprenariat permet de faire ce que l’on veut vraiment : répondre à ses besoins personnels et diminuer le taux de chômage en créant de nouveaux emplois dans le pays.

Sa quête du succès fait de lui photographe, vidéographe, professeur, musicien et homme d’affaires. Le découragement, le manque de financement, l’abus de confiance sont autant d’obstacles qui lui guettent dans cette quête. Mais, afin de tout surmonter, il réside sa force en sa foi en Dieu, sa ténacité, sa détermination, sa passion et sa volonté de réussir. Ainsi, il a collaboré avec ces différentes entreprises : Kolektif Machann égaré, Blaisio accessoire, Remy’s Computer. Membre du Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti (CEEH). « CEEH est une famille, un refuge pour les entrepreneur.se.s un support pour les aspirant.e.s entrepreneur.se.s et une opportunité de grandir sur le plan entrepreneurial », a déclaré Sam Wendy BERJUSTE. Il est le fondateur de Livrai-zone et Motiv’action qui sont respectivement une Agence qui offre un service de livraison, de coursier, de Taxi et de déménagement, et une production de photographie, de vidéographie et d’organisation d’excursions,

« Partir vers une terre étrangère n’est pas la seule solution pour la réussite d’un jeune. Haïti est un pays vierge, avec un peu de dynamisme on peut réussir de grandes choses. Toutefois, il y a beaucoup d’obstacles à surmonter pour y arriver. D’où, la nécessité pour un jeune d’avoir beaucoup de détermination, un objectif, de la discipline, du courage et d’une force divine, Jésus, vu que le pays est bondé de pièges mystiques » a fait savoir l’homme de Livrai-zone.

Pierre Robenson SAINT LOUIS

pirosaintlouis@gmail.com

Roobens LOUIS, un esprit créatif et audacieux

« Nivo reyisit ou depann de nivo odas ou ». Tous ceux qui ont l’habitude de côtoyer Roobens Louis savent pertinemment qu’il se laisse guider par cet adage. Agé de 20 ans, Roobens Louis est ce jeune homme de taille moyenne, mince, sympathique, rêveur, renfermé, audacieux et ambitieux. Il a suivi des formations sur le leadership, le personal branding, entre autres. L’ancien élève du collège Catherine Flon rêve d’étudier les sciences de la gestion. C’est un passionné de l’entrepreneuriat. Roobens Louis est membre du Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti (CEEH). Il est également co-fondateur de Bens Group qui est une startup qui évolue dans le domaine du développement personnel et de l’entrepreneuriat.

Energique, dynamique et actif, le responsable événement du CEEH-Carrefour se fie à notre devise « l’union fait la force ». En dépit des difficultés, des inégalités sociales existantes en Haïti, monsieur Louis croit qu’un entrepreneur peut devenir millionnaire une fois que ce dernier peut compter sur la majeure partie de sa communauté. C’est-à-dire quand il y aura une réelle harmonie entre les jeunes entrepreneurs, les leaders et la jeunesse haïtienne en général. Il tient pour véritable cette citation qui stipule que la force est dans notre entraide.

En outre, il est assoiffé de réussite et aime se challenger. Ce jeune homme qui aime lire veut à tout prix contribuer à changer l’image de son pays, Haïti. En Rhéto, son esprit créatif et altruiste lui a permis d’avoir la brillante idée de collecter 135 000 gourdes afin de venir en aide aux personnes touchées par le cyclone Mathieu en 2016. Cette expérience ambitieuse lui a poussé, par conséquent, à explorer ses capacités de leader. A rappeler qu’en Décembre 2019 il a remporté le prix the challengers oú il a été honoré pour ses compétences en leadership.

Par ailleurs, le Co-fondateur de Bens Group a connu des mauvaises expérience dans sa vie. Une fois, il devait surveiller le business de son père, quelqu’un est entré et a dérobé quelque chose d’important. Ce qui lui a attristé bien évidemment. Une autre fois, une autre personne sur qui il comptait lui a joué un mauvais tour. Tandis qu’il rêvait, jadis, de devenir footballeur, un coach lui a fait croire qu’il pouvait l’aider a concrétiser ce rêve alors qu’il était venu juste pour lui soutirer de l’argent. Néanmoins, le consultant du programme de formation de développement personnel pour l’organisation internationale Arise project for humanity, continue à aller de l’avant et croit que tout est possible à celui qui ose.

Sigmund Freud eut à dire « Autrui joue dans la vie de l’individu le rôle d’un modèle, d’un objet, d’un associé ou d’un adversaire », Roobens, quant a lui, veut devenir un modèle pour ses consœurs et ses confrères. Des modèles pour notre jeunesse ? il en manque certainement, alors le futur propriétaire d’une entreprise multinationale nous encourage donc à être une source d’inspiration pour les autres. Il nous incite à vendre notre expertise, à ne plus laisser faire les charlatans et donc à nous engager afin de donner le meilleur de nous.

Djenane Madona BAPTISTE
baptisteceeh@gmail.com

À la Decouverte de la Jeune Sammya Askara D. BERNADIN, un esprit créatif

Cette décennie qui vient tout juste de débuter marque un point de départ pour les femmes dans le domaine de l’entreprenariat. Beaucoup sont les femmes qui ont des témoignages relatifs à leurs exploits dans ce secteur. Elles ont dû traverser de grandes barrières et briser divers stéréotypes de genre. Unanimement, elles ont reconnu que le succès vient nécessairement du fait d’essayer, de persévérer, d’innover, etc. En Haïti les jeunes se rendent de plus en plus à l’évidence que l’accès au marché du travail n’est pas facile, la concurrence est rude, de ce fait il faut entreprendre. Face à ce constat, la jeune Sammya Askara Daphka Bernadin se lance dans l’aventure de l’esprit créatif. Alors, qui est-elle ?

Sammya Askara Daphka Bernadin, née en 1994, est originaire de Petit-Goâve. Elle a fait ses études primaires à l’école Notre-Dame de la Sagesse de Petit-Goâve et secondaires au Collège Cœur Immaculé de Marie. Après les études classiques, elle a étudié, dans un premier temps, les Sciences Juridiques à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques ; dans un second temps, les Sciences de l’Education à l’Institut Universitaire des Sciences de l’Education (IUSE-CREFI). À entendre Sammya, on dirait qu’elle n’a pas beaucoup d’années d’expérience. Cependant, elle occupe le poste de Bibliothécaire au Collège Cœur Immaculé de Marie. Grâce à ses capacités, elle arrive à intégrer l’administration de son ancien établissement Scolaire, Cœur Immaculé de Marie.
Parallèlement et de concert avec d’autres personnes, elle a créé MIAZ Fresko, une entreprise qui offre ses services dans la production et la vente de fresko en Haïti. Avec cette entreprise, elle compte donner une autre allure au Fresko dans le pays. Elle cherche toujours à participer dans des activités socio-culturelles afin de présenter au public le produit. La flamme de collaboration et de participation au projet collectif est allumée chez l’ancienne élève du CIM. Elle est membre de plusieurs initiatives de jeunes notamment le Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti depuis février 2018, secrétaire financière de l’association Initiative Soulouquoise et Amis pour le Développement d’Haïti (ISAD’HA) et secrétaire adjointe d’Initiative Citoyenne pour la Prévention et l’Accompagnement des Personnes Atteintes de la Covid-19 (ICPAPAC).

Sammya prévient les jeunes haïtiens sur les difficultés qu’ils auront à confronter dans la marche vers le succès entrepreneurial. « Si un jeune veut s’investir dans les affaires en Haïti, il faut qu’il soit fort, qu’il croit en ce qu’il entreprend. Il doit s’attendre à des échecs, mais il doit s’en servir pour progresser. La vie en Haïti n’est pas facile », a-t-elle martelé. La co-fondatrice de MIAZ Fresko ne croit pas au destin ni à la chance, tout ce qui nous arrive est le fruit de notre travail, a-t-elle précisé. Toutefois elle n’écarte pas des situations de troubles politiques qui peuvent impacter le fonctionnement d’une entreprise. C’est la situation de MIAZ Fresko au cours des différentes manifestations, des moments baptisés « peyi lòk » et de l’apparition de la Covid-19 en Haïti. En attendant une amélioration dans l’environnement économique haïtien, Sammya se donne pour objectif de travailler afin de doter sa communauté d’une école de qualité ou chaque apprenant pourra évoluer en fonction de sa capacité sans discrimination. Ainsi, elle croit pouvoir apporter sa contribution dans la lutte pour le changement du système éducatif haïtien.

Jean Wiltho PIERRE

pjw2011@hayoo.fr