Par Pierre Robenson SAINT LOUIS

Incertain, peureux, ce sont des adjectifs qu’on pourrait aisément utiliser pour qualifier l’état d’esprit de bon nombre d’haïtiennes et d’haïtiens vivant dans le pays ces dernières années. Tout cela est dû aux différentes crises politiques, sociales et économiques qui sévissent dans le pays. Cet état de fait a fait fuir des milliers de citoyennes et de citoyens, particulièrement des jeunes, vers des terres étrangères, à la recherche d’un mieux-être. Malgré ces faits, il existe encore des gens dans le pays qui croient, ne serait-ce qu’un infime espoir, que le pays peut sortir de ce bourbier. En ce sens, ils luttent constamment à façonner ce lendemain. Edel JOASSAINT en est un exemple vivant. Qui est-il ? Une entrevue avec lui nous a permis de réponde à cette question.
Edel JOASSAINT est originaire de Léogâne. Il est né dans une famille chrétienne. Il a fait ses études classiques à cette même ville. Ses études universitaires lui ont poussé à se rendre à Port-au-Prince, la Capitale d’Haïti. Il a intégré la Faculté des Sciences Humaines (FASCH) de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) en 2016 où il étudie le Travail Social. Outre, il a participé à des ateliers de formations, des conférences et a suivi des cours en ligne afin de se former dans le domaine de la finance. Il est membre du Cercle des Etudiants Entrepreneurs d’Haïti (CEEH).
Ce jeune léoganais, dès son enfance, vers l’âge de 10 ans, nourrissait déjà des idées de business. Avec ses amis de l’époque, il a eu l’idée de créer un complexe. 10 ans plus tard, ses rêves se réalisent, en partie. Il s’est mis avec sa famille et ses amis afin d’investir dans des entreprises. C’est ainsi qu’ils ont créé le Group 42 et le Group 6 HAITI, des entreprises qui regroupent différents types d’activités. M. Joassaint a aussi investi dans plusieurs autres entreprises.
Le Group 42 et le Group 6 HAITI sont des entreprises de productions et de services qui ont respectivement leur siège social à Port-au-Prince et à Léogâne. La première regroupe plusieurs filières qui sont le Groupe 42 Pâtisserie, le repos 42 et Eau pure 42. Chacune de ces filières se focalise sur une sphère d’activités. Le Groupe 42 Pâtisserie propose des produits de la pâtisserie haïtienne, le Repos 42 offre des services hôteliers et Eau pure 42, la vente d’eau potable. La seconde entreprise offre des services funéraires.
La force de M. Joassaint s’établit sur la discipline, la persévérance et le courage d’utiliser les expériences jugées inappropriées à sa vision de départ, la capacité de tenir ses mots et de jumeler le business et ses autres activités. Il éprouve du plaisir dans la formation personnelle. L’échec n’existe pas dans son vocabulaire. Il vit ses succès, qui sont tous grands, journellement. Il a pour source de motivation sa mère qu’il considère comme une guerrière, un agent de socialisation et une entrepreneure; les écrits de Robert Kiyosaki et son environement social le plus proche.
Le jeune entrepreneur fait déjà une projection concernant sa vie dans les 5 à 10 prochaines années: 《 Il est normal de faire une projection liée au niveau que l’on souhaite atteindre dans 5 à 10 ans. Cependant, la matérialisation de ses rêves dans un contexte national suscite des doutes. Il est vrai que je dessine une réalité de vie pour ces années, mais le plus important pour moi c’est d’accélérer sans hésitation vers mes objectifs en mettant à l’écart toutes sortes de procrastination. Car à force qu’on néglige d’accélérer pour atteindre ses buts, on cède la place à une ambiance d’intoxication de soi》.
Enfin, M. Joassaint encourage les jeunes du pays comme lui à se donner des obligations, d’être toujours ponctuel dans les moindres activités qu’ils ont à entreprendre et d’éradiquer en eux la procrastination. Car pour lui, ces deux fléaux tuent les nouvelles idées en temps réel. De plus, il continue pour dire qu’il serait mieux de bien maîtriser les champs d’activités dans lesquels on souhaite investir et d’avoir toujours l’habitude de tuer le temps avec des pratiques constructives.
Dans l’ouvrage »l’homme le plus riche de Babylone », Georges S. Clason déclare que : « La prospérité du pays dépend de la prospérité financière personnelle de chacun de nous. » Prenons en exemple Edel JOASSAINT, un modèle d’optimisme, de courage, de volonté et de détermination afin de réussir pour notre bien et pour celui du pays.